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Historique
Construit au Danemark en 1934, l’Alice Robert
était un cargo fruitier de 88,30 mètres de long pour 14,65 mètres de large,
jaugeant 2 588 tonneaux. Saisi par les Allemands en décembre 1942, il est,
comme beaucoup de cargos à l’époque de l’occupation, réquisitionné par
l’ennemi. Militarisé jusqu’aux dents avec canons et mitrailleuses, il sert
au transport des troupes. Au mois de juin de la même année, il est
torpillé en sortant de Port-Vendres par un sous-marin anglais. Pour les
soldats de la Wehrmacht, ce sera le dernier voyage.
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La Plongée
Voilà une épave
parmi les plus poignantes de Méditerranée ! Surnommé « Le Bananier » par
les inconditionnels, ce cargo fruitier repose à –47 mètres au large du Cap
Béar. Elle est réservée aux plongeurs confirmés à l’aise dans une épave,
et les plus grandes mesures de prudence sont à observer. Son éloignement
de la côte (5 milles) et les courants occasionnels sont autant de facteurs
qui limitent la visibilité. Elle avoisine cependant les 30 mètres dans les
conditions optimales. Hors des sentiers battus, peu visité, le Bananier
répond à toutes les attentes des accros d’épaves : puissance évocatrice,
forte charge historique, nombreuses traces de l’homme, faune abondante. En
descendant le long du mouillage, on distingue vite la silhouette du mât de
charge avant qui domine l’ensemble, à 23 mètres sous la surface. On se
pose sur le château central, perforé d’un large trou : c’est l’embase de
la cheminée, écroulée, sur bâbord. L’accès à la timonerie est difficile
(le toit et son blindage de béton se sont avachis) mais jouable. Suivre
les coursives, étroites, jonchées d’objets recouverts de vase. Les hublots
sont souvent complets. Pénétrer à l’intérieur à palmes de velours (la
couche de vase peut atteindre 1 m) pour découvrir les appliques murales de
bronze ajourant les coursives, et dans les cabines, des lavabos, des
effets militaires : bottes de cuir parfaitement conservées, contenant
parfois les phalanges de leur propriétaire…
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Dans la
cuisine, le fourneau avec ses casseroles, des bouteilles de vin et de
bière. Dans l’ex-salle à manger des officiers, des couverts en métal
d’argent. Puis en se dirigeant vers l’avant, on tombe sur le premier
canon : une pièce de DCA avec ses chargeurs soudés par la rouille. Plus
loin sur le pont encombré de lambeaux de chalut, cordages, câbles, tôles
éclatées, on distingue la tourelle blindée d’un canon de 107 mm. Allez, un
petit saut à l’intérieur pour mettre en joue le banc d’anthias qui lui
fait face. Attention une caisse d’obus éventrée gît à proximité. Puis le
gaillard d’avant, avec les chaînes dans leur écubiers. Face à l’étrave
deux ancres encore à poste. On peut achever la visite en gagnant l’arrière
du cargo, qui gît 200 mètres plus loin, témoin de la violence de
l’explosion, incliné à 45° dans la vase : canon tombé de son affût, débris
de main courante, mais aussi nombreux restes de filets qui avec les
risques de courant, rendent la plongée très délicate à cet endroit.
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