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Historique
Juste devant le village de Capraia, à environ 200 mètres du rivage, une
formation rocheuse s'étend vers le large, perpendiculaire à la côte. Sur
le versant sud de ce contrefort, une épave insolite repose : un avion de
la dernière guerre, de nationalité allemande, dont l'identification a été
difficile, à cause notamment d'un filet de chalut qui l'enveloppe et en
dissimule une partie des structures. Ce n'est que maintenant que nous
sommes parvenus à l'identifier, grâce à l'aide précieuse de Fabio Boudon,
expert passionné d'aviation. Il s'agit d'un petit appareil militaire, une
hydravion du type Arado AR-196-A, d'une exceptionnelle valeur historique.
Commandé en 1936 par la Kriegsmarine pour être embarqué sur les principaux
navires de combat, où il pouvait être catapulté, l'AR-196 entra en
production en 1939; en 1941 apparut la version A-3, à laquelle appartient
l'appareil retrouvé sur les fonds de Capraia. Celui-ci avait un revêtement
mixte en aluminium et en toile, qui pendant longtemps empêcha son
identification. On pensait qu'il s'agissait d'un avion de reconnaissance
ou d'un chasseur. Les ailes de l'Arado étaient recouvertes de métal, sauf
les zones de contrôle, de même que la partie avant du fuselage, tandis que
la section arrière était en grande partie entoilée. La date de
l'amerrissage est incertaine, 1943 semble-t-il, lorsque les rencontres
aériennes au-dessus de la Corse s'intensifièrent. L'avion qui était
destiné à la reconnaissance côtière et, en particulier, à la lutte
anti-sous-marine et contre de petites unités de surface, a dû être victime
d'une panne qu'il est aujourd'hui très difficile de déterminer et qui l'a
contraint à amerrir dans les eaux toscanes. L'endroit de l'amerrissage ne
correspond pas à celui où se trouve actuellement l'appareil. Le filet de
chalut a dû le prendre sur un fond de sable, puis l'abandonner sur le
talus rocheux. L'hypothèse le plus probable est que le chalutier, après
s'être rendu compte de sa prise plutôt insolite et ne parvenant pas à
remonter son filet ainsi alourdi, a cherché à l'amener vers les petits
fonds du port, mais a rencontré sur son trajet les rochers contre
lesquels l'avion s'est coincé, obligeant les pêcheurs à couper le câble et
à abandonner le filet et l'avion. Au cours du remorquage, les ailes se
sont en partie détachées du fuselage. Les flotteurs, qui étaient trop
fragiles et contenaient le carburant, ont été détruits, mais la carlingue
est restée en assez bon état. |


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La plongée
Elle se situe à une profondeur relativement importante, à la limite de la
plongée sportive, puisque l'on trouve le nez de l'avion à 44 mètres sur un
fond de sable et la queue à environ 38-40 mètres. L'eau est presque
toujours cristalline et, après quelques mètres de descente, on aperçoit
déjà le sommet du massif. L'avion est appuyé contre lui, la queue tournée
légèrement de la paroi pour jouir de la vision d'ensemble du site, qui est
vraiment spectaculaire. Le fuselage, réduit à une fine structure
d'éléments en aluminium, repose sur son côté gauche et les ouvertures du
cockpit et du poste arrière sont tournées vers l'est. Dans le poste
arrière, il y a une jolie boîte dont le couvercle peut encore s'ouvrir,
fixée à la paroi. Elle devait probablement contenir des munitions ou
divers équipements. Le poste de pilotage est très beau, avec encore le
tableau de bord en place, sur lequel on peut voir des leviers et des
boutons, ainsi que les logements des instruments, dont certains ont
aujourd'hui disparu. Les ailes sont imposantes, avec un des deux canons de
20 mm bien visible. Plusieurs autres détails sont intéressants à observer,
comme le point d'attache de la catapulte, une portière, une autre
ouverture, une sorte de marche-pied pour monter sans le poste du
mitrailleur arrière et tant d'autres particularités que nous laissons aux
plongeurs attentifs le soin de trouver. Le moteur, en revanche, est
tellement caché sous le filet que nous déconseillons vivement d'aller le
voir. Il faut signaler, enfin, la présence de nombreux poissons, surtout
des chapons, dont certains sont de belle taille, sans oublier le
magnifique entrelacs des éponges sur les tôles, en une débouche de
couleurs brillantes : jaune, bleu, orange et violet. |