L'ARADO DE CAPRAIA
 






Toutes les structures de l'avion sont recouvertes de concrétions exceptionnelles d'éponges de toutes les couleurs
 

Fiche technique

Type d’épave : hydravion
Nationalité : allemande
Année de construction : inconnue
Envergure : 12,40 m

Longueur : 11 m
Date du naufrage : 1943
Cause du naufrage : inconnue
Localisation : dans le 181 de Guglia Punta Fica et dans le 223 du phare

Profondeur minimale : 37 m
Profondeur maximale : 44 m

 


Informations plongée

Difficulté de localisation : moyenne
Visibilité : excellente
Courant : rare
Difficulté de plongée : moyenne
Lignes ou filets : quelques-uns
Intérêt historique : élevé
Intérêt photographique : modéré
Intérêt biologique : modéré

Historique
Juste devant le village de Capraia, à environ 200 mètres du rivage, une formation rocheuse s'étend vers le large, perpendiculaire à la côte. Sur le versant sud de ce contrefort, une épave insolite repose : un avion de la dernière guerre, de nationalité allemande, dont l'identification a été difficile, à cause notamment d'un filet de chalut qui l'enveloppe et en dissimule une partie des structures. Ce n'est que maintenant que nous sommes parvenus à l'identifier, grâce à l'aide précieuse de Fabio Boudon, expert passionné d'aviation. Il s'agit d'un petit appareil militaire, une hydravion du type Arado AR-196-A, d'une exceptionnelle valeur historique. Commandé en 1936 par la Kriegsmarine pour être embarqué sur les principaux navires de combat, où il pouvait être catapulté, l'AR-196 entra en production en 1939; en 1941 apparut la version A-3, à laquelle appartient l'appareil retrouvé sur les fonds de Capraia. Celui-ci avait un revêtement mixte en aluminium et en toile, qui pendant longtemps empêcha son identification. On pensait qu'il s'agissait d'un avion de reconnaissance ou d'un chasseur. Les ailes de l'Arado étaient recouvertes de métal, sauf les zones de contrôle, de même que la partie avant du fuselage, tandis que la section arrière était en grande partie entoilée. La date de l'amerrissage est incertaine, 1943 semble-t-il, lorsque les rencontres aériennes au-dessus de la Corse s'intensifièrent. L'avion qui était destiné à la reconnaissance côtière et, en particulier, à la lutte anti-sous-marine et contre de petites unités de surface, a dû être victime d'une panne qu'il est aujourd'hui très difficile de déterminer et qui l'a contraint à amerrir dans les eaux toscanes. L'endroit de l'amerrissage ne correspond pas à celui où se trouve actuellement l'appareil. Le filet de chalut a dû le prendre sur un fond de sable, puis l'abandonner sur le talus rocheux. L'hypothèse le plus probable est que le chalutier, après s'être rendu compte de sa prise plutôt insolite et ne parvenant pas à remonter son filet ainsi alourdi, a cherché à l'amener vers les petits fonds du port, mais a rencontré sur son trajet les rochers contre lesquels l'avion s'est coincé, obligeant les pêcheurs à couper le câble et à abandonner le filet et l'avion. Au cours du remorquage, les ailes se sont en partie détachées du fuselage. Les flotteurs, qui étaient trop fragiles et contenaient le carburant, ont été détruits, mais la carlingue est restée en assez bon état.


Une aile de l'avion









La structure du fuselage

Sur le tableau de bord, il reste les leviers et quelques instruments de bord


L'Arado était un avion de reconnaissance allemand


Dans le poste du mirailleur, on peut encore observer une boîte métallique avec couvercle et charnières    La photo montre le poste du mitrailleur situé juste en arrière du poste du pilote
 

La plongée
Elle se situe à une profondeur relativement importante, à la limite de la plongée sportive, puisque l'on trouve le nez de l'avion à 44 mètres sur un fond de sable et la queue à environ 38-40 mètres.  L'eau est presque toujours cristalline et, après quelques mètres de descente, on aperçoit déjà le sommet du massif. L'avion est appuyé contre lui, la queue tournée légèrement de la paroi pour jouir de la vision d'ensemble du site, qui est vraiment spectaculaire. Le fuselage, réduit à une fine structure d'éléments en aluminium, repose sur son côté gauche et les ouvertures du cockpit et du poste arrière sont tournées vers l'est. Dans le poste arrière, il y a une jolie boîte dont le couvercle peut encore s'ouvrir, fixée à la paroi. Elle devait probablement contenir des munitions ou divers équipements. Le poste de pilotage est très beau, avec encore le tableau de bord en place, sur lequel on peut voir des leviers et des boutons, ainsi que les logements des instruments, dont certains ont aujourd'hui disparu. Les ailes sont imposantes, avec un des deux canons de 20 mm bien visible. Plusieurs autres détails sont intéressants à observer, comme le point d'attache de la catapulte, une portière, une autre ouverture, une sorte de marche-pied pour monter sans le poste du mitrailleur arrière et tant d'autres particularités que nous laissons aux plongeurs attentifs le soin de trouver. Le moteur, en revanche, est tellement caché sous le filet que nous déconseillons vivement d'aller le voir. Il faut signaler, enfin, la présence de nombreux poissons, surtout des chapons, dont certains sont de belle taille, sans oublier le magnifique entrelacs des éponges sur les tôles, en une débouche de couleurs brillantes : jaune, bleu, orange et violet.

 

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