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Historique
Lancé en 1921, l’Arroyo était un navire de
servitude de la Marine équipé de grandes citernes remplies d’eau potable
qu’il devait distribuer aux autres bateaux. Long de 55 mètres, le navire
avait une jauge de 682 tonneaux et était propulsé par un moteur à vapeur
de 875 CV. Même si le rôle militaire de cette unité n’était pas
stratégiquement très important, l’Arroyo fut utilisé jusqu’en Indochine
et, vers la fin de sa carrière, il fut basé à Toulon. En 1953, la Marine
décide de le couler pour en faire un navire d’exercices pour ses plongeurs
du GERS (Groupe d’études et de recherches sous-marines). Le 18 août 1953,
l’Arroyo, mis en remorque, rallie sa destination finale : l’îlot des
Deux-Frères, face au cap Sicié, à peu de distance de Toulon. L’opération
est placée sous la responsabilité du commandant Philippe Tailliez. Le lieu
du naufrage avait été choisi par le ministère de la Marine et le dernier
chargement du navire – 20 kg de dynamite pour les citernes et 40 kg pour
la salle des machines – fut suffisant. La déflagration fut très violente
et détruisit malheureusement une partie importante de la coque du bateau.
Selon les calculs effectués avant l’explosion et les prévisions avancées,
l’Arroyo aurait dû couler à pic directement sur un fond de sable, mais en
réalité, à cause d’un léger courant présent au moment du naufrage une
partie de la proue alla heurter un écueil. |


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La plongée
L’exploration de
l’Arroyo est très facile et elle ne demande aucune expérience
particulière : le plongeur peut en effet visiter en toute tranquillité
toutes les parties du bateau dans une zone dont la surface est de 70
mètres sur 10 mètres et où la profondeur varie entre 18 et 36 mètres. Au
sud-est de l’île des Deux-Frères, près du cap Sicié, les courants ne sont
jamais particulièrement forts et la visibilité est presque toujours
excellente, grâce à un vent d’est favorable. Dès la mise à l’eau, on peut
observer les deux parties de l’Arroyo posées sur un fond de sable : la
poupe, qui se trouve à la plus grande profondeur, est légèrement inclinée
et, si on l’observe depuis le bas, en contre-jour, elle révèle toute sa
masse imposante. Le safran et l’hélice sont entièrement recouverts de
grandes gorgones : l’éclairage de cette partie du navire avec la torche
offre un spectacle absolument magnifique, grâce aux splendides gorgones
rouges. La dunette ouverte n’est pas très grande et, comme on peut
également le voir sur la photo d’époque, les superstructures occupent
presque entièrement le dernier tiers du navire. On observera également que
la superstructure, de même que le pont, sont assez abîmés par leur long
séjour dans l’eau de mer (plus de quarante ans) et que, d’une manière
générale, tout le bateau est en mauvais état; cependant cette partie de l’Arroyo
dégage une fascination particulière et constitue un excellent sujet pour
des photos d’ambiance spectaculaires.
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La
partie avant est complètement détruite, peut-être à cause de la violence
de l’explosion, ou du choc de la proue contre les rochers. Il ne s’agit
cependant que de suppositions. Après avoir exploré la partie arrière, le
plongeur se retrouve au-dessus d’un « champ » de débris métalliques, de
tôles et de tuyaux, autant d’éléments qui rappellent les énormes citernes
destinées au transport de l’eau potable. Il est en outre possible
d’observer la cheminée qui repose à bâbord du bateau. Il est particulièrement
intéressant de s’arrêter près de ce tuyau et de l’éclairer avec soin, car
à l’intérieur on peut y admirer un spectacle extraordinaire : parmi les
grandes branches de gorgones qui s’y sont développées, quelques congres
énormes ont élu domicile. En évoluant au-dessus des rochers, on se
trouvera face à la proue qui repose sur tribord, en position presque
verticale, l’étrave orientée en bas vers le fond. Toute cette partie est
intacte et possède encore ses bittes d’amarrage et le cabestan en parfait
état de conservation.
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