LE CANADAIR CL-215 DE SAGONE
 


 

La partie arrière du Canadair
 

Fiche technique

Type d’épave : avion anti-incendie
Nationalité : française
Année de construction : inconnue
Envergure : 28,60 m
Longueur totale : 19,82 m
Date du naufrage : 3 septembre 1971
Cause du naufrage : rupture du fuselage
Localisation : dans le 8 de la tour de Sagone et le 273 de la pointe de Triu

Profondeur minimale : 29 m
Profondeur maximale : 32 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : grande
Visibilité : excellente
Courant : rare
Difficulté de plongée : moyenne
Lignes ou filets : néant
Intérêt historique : faible
Intérêt photographique : modéré
Intérêt biologique : faible
 

Historique
Les feux qui, chaque année, détruisent une bonne partie du patrimoine forestier méditerranéen défraient malheureusement les chroniques estivales. Les seuls moyens efficaces pour lutter contre les flammes sont les avions anti-incendie, bien connus de tous pour avoir été vus au moins une fois à la télévision. L'avion, utilisé massivement dans le bassin méditerranéen, mais aussi dans de nombreux autres pays, est le CL-215, construit à Montréal par la firme aéronautique Canadair et connu sous le même nom. L'histoire du Canadair de Sagone commença avec une des nombreuses alertes de l'été : un foyer se développait sur les collines qui entourent le golfe de Sagone, au Nord d'Ajaccio. C'était le 12 septembre 1971 et le feu ne pouvait être maîtrisé, à tel point que, le lendemain matin, l'intervention de la Protection civile fut demandé, avec l'envoi immédiat de deux Canadair. Après avoir largué une première cargaison d'eau sur les flammes, il était descendu sur la baie pour à nouveau remplir ses réservoirs. Tandis que le pilote se concentrait sur la délicate opération de faire voler son appareil juste au niveau de l'eau, en le maintenant en position horizontale. le copilote actionnait le mécanisme permettant le remplissage des réservoirs. Soudain l'appareil freina brutalement, piquant du nez dans l'eau, la queue relevée en l'air. Surpris mais indemnes, les deux pilotes réussirent à se jeter à l'eau, pour être secourus par un plaisancier qui passait par là. L'avion resta dans cette position en chandelle à la surface un bon moment, laissant à la vedette Saint-Appien de la Gendarmerie maritime le temps d'arriver sur les lieux et de constater la présence d'une longue déchirure sur la coque étanche. Le Canadair, enfin, quitta pour toujours la lumière solaire, planant jusqu'au fond situé à 32 mètres sous la surface et sur lequel il se posa à l'envers, se brisant le nez lors de cet impact brutal. Par la suite, les moteurs furent récupérés, ainsi que tout ce qui était réutilisable à bord. L'accident est probablement dû à un défaut d'ouverture d'une des portes de remplissage d'eau qui provoqua une résistance inattendue, transmise à la structure de l'avion, avec pour conséquence la déchirure de la carlingue.
 


Une des cocardes encore visible sur les ailes
 

 


L'intérieur est entièrement vide et partiellement envahi par le sable

 


 


 


La plongée
La plongée est facile, car le fond, plat et sablonneux, est à 32 mètres de profondeur et l'eau, en général, très claire, permet de voir l'épave dès les premiers mètres de la descente. A mesure que la profondeur augmente, la silhouette, au début assez imprécise, se découpe de plus en plus nettement et l'on voit assez bien le fuselage à l'envers et l'empennage enfoui dans le sable. Comme toujours quand il s'agit d'épaves plutôt petites, il est conseillé de rester à mi-profondeur pendant un moment, en survolant tout le site, avant de descendre sur le fond. Ce qui permet de mieux comprendre la structure d'ensemble et de prendre de bonnes photos d'ambiance, avant que l'eau ne soit troublée lors de l'exploration rapprochée. L'avant de l'avion a été détruit, ce qui permet d'accéder directement à l'endroit où sont logés les réservoirs d'eau. Une des trappes de remplissage, probablement responsable de l'accident, manque alors que la seconde est fermée. Par l'ouverture avant, il est facile de pénétrer dans le fuselage, complètement vide mis à part les habituelles concrétions ornant les tôles et une petite couche de sédiment sur le fond. Le train d'atterrissage est très intéressant, avec ses deux gros pneus et une plaque métallique indiquant les coordonnées du constructeur. La queue est intacte, bien plantée dans le sable, et les ailes sont en bon état, encore porteuses de leurs insignes. Sous l'aile droite a élu domicile une belle badèche, peu effarouchée par la présence des plongeurs.

 

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