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Historique
Les feux qui, chaque année, détruisent une bonne partie du patrimoine
forestier méditerranéen défraient malheureusement les chroniques
estivales. Les seuls moyens efficaces pour lutter contre les flammes sont
les avions anti-incendie, bien connus de tous pour avoir été vus au moins
une fois à la télévision. L'avion, utilisé massivement dans le bassin
méditerranéen, mais aussi dans de nombreux autres pays, est le CL-215,
construit à Montréal par la firme aéronautique Canadair et connu sous le
même nom. L'histoire du Canadair de Sagone commença avec une des
nombreuses alertes de l'été : un foyer se développait sur les collines qui
entourent le golfe de Sagone, au Nord d'Ajaccio. C'était le 12 septembre
1971 et le feu ne pouvait être maîtrisé, à tel point que, le lendemain
matin, l'intervention de la Protection civile fut demandé, avec l'envoi
immédiat de deux Canadair. Après avoir largué une première cargaison d'eau
sur les flammes, il était descendu sur la baie pour à nouveau remplir ses
réservoirs. Tandis que le pilote se concentrait sur la délicate opération
de faire voler son appareil juste au niveau de l'eau, en le maintenant en
position horizontale. le copilote actionnait le mécanisme permettant le
remplissage des réservoirs. Soudain l'appareil freina brutalement, piquant
du nez dans l'eau, la queue relevée en l'air. Surpris mais indemnes, les
deux pilotes réussirent à se jeter à l'eau, pour être secourus par un
plaisancier qui passait par là. L'avion resta dans cette position en
chandelle à la surface un bon moment, laissant à la vedette Saint-Appien
de la Gendarmerie maritime le temps d'arriver sur les lieux et de
constater la présence d'une longue déchirure sur la coque étanche. Le
Canadair, enfin, quitta pour toujours la lumière solaire, planant jusqu'au
fond situé à 32 mètres sous la surface et sur lequel il se posa à
l'envers, se brisant le nez lors de cet impact brutal. Par la suite, les
moteurs furent récupérés, ainsi que tout ce qui était réutilisable à bord.
L'accident est probablement dû à un défaut d'ouverture d'une des portes de
remplissage d'eau qui provoqua une résistance inattendue, transmise à la
structure de l'avion, avec pour conséquence la déchirure de la carlingue.
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La plongée
La plongée est facile, car le fond, plat et sablonneux, est à 32 mètres de
profondeur et l'eau, en général, très claire, permet de voir l'épave dès
les premiers mètres de la descente. A mesure que la profondeur augmente,
la silhouette, au début assez imprécise, se découpe de plus en plus
nettement et l'on voit assez bien le fuselage à l'envers et l'empennage
enfoui dans le sable. Comme toujours quand il s'agit d'épaves plutôt
petites, il est conseillé de rester à mi-profondeur pendant un moment, en
survolant tout le site, avant de descendre sur le fond. Ce qui permet de
mieux comprendre la structure d'ensemble et de prendre de bonnes photos
d'ambiance, avant que l'eau ne soit troublée lors de l'exploration
rapprochée. L'avant de l'avion a été détruit, ce qui permet d'accéder
directement à l'endroit où sont logés les réservoirs d'eau. Une des
trappes de remplissage, probablement responsable de l'accident, manque
alors que la seconde est fermée. Par l'ouverture avant, il est facile de
pénétrer dans le fuselage, complètement vide mis à part les habituelles
concrétions ornant les tôles et une petite couche de sédiment sur le fond.
Le train d'atterrissage est très intéressant, avec ses deux gros pneus et
une plaque métallique indiquant les coordonnées du constructeur. La queue
est intacte, bien plantée dans le sable, et les ailes sont en bon état,
encore porteuses de leurs insignes. Sous l'aile droite a élu domicile une
belle badèche, peu effarouchée par la présence des plongeurs. |