LE CORSAIR
 





 

Fiche technique

Type d’épave : avion de chasse
Nationalité : française
Année de construction : inconnue
Envergure : 12,5 m
Longueur : 10,16 m
Date du naufrage : peut-être 1956
Cause du naufrage : panne
Localisation : au centre de la baie au nord du Cap Comino

Profondeur minimale : 4,5 m
Profondeur maximale : 6 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : moyenne
Visibilité : bonne
Courant : faible
Difficulté de plongée : minime
Lignes ou filets : néant
Intérêt historique : modéré
Intérêt photographique : grand
Intérêt biologique : modéré

Historique
L'histoire de cet avion est mal connue et pour certains purement inventée. Il semble qu'il soit tombé en mer suite à une panne au début des années cinquante. Parti de l'aéroport de Toulon, il avait peut-être fait escale à Ajaccio et devait, en plusieurs autres escales, rallier Saigon, en Indochine. Coulé au large de la côte orientale sarde à grande profondeur, il y serait encore s'il n'avait été pris dans un filet de chalut, puis remorqué par petit fond en face de la grande plage de Salina Manna. L'avion était pratiquement intact, mis à part l'absence de la queue, mais, très vite, les habituels vandales, commencèrent leur travail systématique de récupération de souvenirs. Des souvenirs que l'on peut indiscutablement qualifier de poids, puisqu'un des premiers éléments enlevés fut le gros moteur en étoile et l'hélice. Il semble que parmi les autres objets récupérés, outre la verrière du cockpit, les instruments techniques, figure un crâne humain, mais attention, pas celui du pilote, mais un porte-bonheur emmené par le pilote lui-même. Vérité ? Racontars ? Quelques années ont suffit pour qu'il soit pratiquement impossible de faire la part entre le vrai et le faux. Le Vaught F4U Corsair était un monoplace à aile basse caractérisé par un profil frontal en W. Il fut construit en six versions principales avec un moteur de 18 cylindres en double étoile et une version avec un moteur de 28 cylindres en quatre étoiles. Le prototype fit son premier vol en 1940 et 12'000 exemplaires furent construits entre 1942 et 1953. Le Corsair fut le meilleur chasseur embarqué de la Seconde Guerre mondiale et peut-être le meilleur chasseur américain, seulement sur classé par le Mustang. Il fut en outre le premier avion américain à dépasser les 400 miles, plus de 640 km/heure. Il opérait aussi bien de terre que depuis les porte-avions et son équipage était constitué du seul pilote, glissé dans son étroit cockpit : le seul défaut de cet avion était un champ visuel réduit. Les Japonais l'appelaient "La mort sifflante", non sans raison. Au cours des 64'000 missions qu'ils effectuèrent dans le Pacifique, les Corsair américains abattirent 2'140 appareils ennemis, contre seulement 189 dans leurs rangs. L'épave du Cap Comino est celle d'un des 97 F4U-7 achetés par la France : l'Aéronavale utilisa cet avion en Indochine, au cours des opérations de Suez en 1956 et jusqu'en 1964.




Le poste de pilotage

La partie centrale de l'aile gauche


L'avion a perdu sa queue!









 

 


Le poste de pilotage
 

La plongée
L'avion est posé à plat et à l'endroit sur un sable très pur, à 6 mètres de profondeur. Il n'est pas facile à trouver, mais compte tenu de la faible profondeur, il suffit, lorsqu'on est dans la zone intéressée, de la parcourir à la palme en tous sens. Souvent, une drisse munie d'un flotteur est attachée sur l'épave, qui ainsi peut être localisée à coup sûr car il n'y a pas d'autres bouées dans le secteur. La plongée est vraiment agréable : cela peut sembler étrange, mais en dépit du fait que l'on se trouve sur un fond de sable à peu de mètres de profondeur, on ne se rend pas compte des minutes qui passent et une heure peut s'écouler sans lassitude. Lorsqu'on arrive sur l'avant de l'épave, elle semble voler à notre rencontre, quand on a la chance de la visiter après qu'un coup de mer en a complètement découvert les ailes. Quel dommage que le moteur et l'hélice manquent ! Le sable blanc reflète la lumière avec intensité, ce qui permet de bien voir les moindres détails de l'appareil. Souvent le Corsair a deux gardiens : deux petites balistes qui défendent avec agressivité leur territoire, situé exactement dans le poste de pilotage. Ici, se trouve encore un fouillis de fils électriques, de leviers et d'autres instruments. Un gros morceau de filet est encore emmêlé au niveau du siège. Sur les ailes, les quatre canons de 20 mm sont bien visibles : sur l'aile gauche, une plaque métallique indique diverses données techniques. La queue est cassée et le plan de dérive et les empennages manquent. De la partie arrière dépassent des fils et des éléments de la cellule. Le fuselage porte encore des traces de la cocarde bleu-blanc-rouge de l'aviation française.

 

EPAVES MEDITERRANEE