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Historique
Cargo suédois de 1’040 tonneaux, long de 69 mètres pour
10 mètres de large, l’Embla est construit en 1908 par Lindholmes VA. Il
est au service dès 1941 du Comité International de la Croix Rouge dont il
porte en lettres énormes le sigle sur sa coque, sur tribord et bâbord. Son
identification est immédiate. Le 6 avril 1944, par beau temps, en route de
Marseille vers Lisbonne avec des colis destinés aux soldats de la
Wehrmacht prisonniers en Afrique du Nord, il est attaqué à 13h15 au large
de Port-Vendres par des avions britanniques. Plusieurs d’entre eux font
mouche, et une torpille troue le navire de part en part au niveau de la
cale 3 qui prend feu. Mais l’Embla parvient tout de même à gagner
Port-Vendres où il reste 12 jours et les perforations de la coque sont
provisoirement bouchées. Le 19 avril 1944, il appareille pour Marseille. A
9h30, le voilà mitraillé, bombardé, torpillé durant 12 interminables
minutes par 12 bombardiers Beaufighter britanniques venus d’Alghero. Comme
par miracle, on ne déplore qu’un seul blessé léger et les 21 hommes
d’équipage embarquent dans le canot de la Pointe de l’Espiguette.
L’équipage est recueilli par le navire auxiliaire allemand Fse 04 Maryse.
Le Commandant Ericsson, parvenu au Grau-du-Roi, élèvera une protestation.
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La plongée
L’Embla baigne en général dans une eau trouble, avec
une visibilité rarement supérieure à quelques petits mètres.
Exceptionnellement, elle atteint 20 mètres. L’épave repose à 4,7 miles du
phare de l’Espiguette, à –34 mètres, droit sur sa quille. L’Embla est
quasiment entier, sans gros dégâts. Sa proue, droite, porte deux grosses
ancres à bascule; les chaînes sont toujours serrées sans les écubiers,
près d’un énorme treuil. Les ponts sont couverts d’une vase grisâtre, très
légère, que lève le moindre coup de palme, et d’une multitude de débris
indéfinissables. Un gros mât de charge est posé sur l’avant. De nombreux
filets rendent l’exploration difficile et dangereuse, mais les cales et
les superstructures sont d’un accès facile. La cheminée est brisée en son
milieu, et un gouffre béant attire vers les machines. Méfiance. De
nombreux bossoirs encore mobiles, orientés dans tous les sens, accrochent
filets et mouillages. Le bastingage, intact, entoure le navire et sur
l’arrière, l’étambot est très incliné. En rejoignant le sable, on tombe
sur le gouvernail, et une énorme hélice à quatre pales. Trois d’entre
elles ont été brisées au ras du moyeu. Une hélice de rechange repose sur
le pont. |