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Historique
L’Espingole était la quatrième d’une série de
55 bâtiments de 330 tonneaux, 56 mètres de long et 6 mètres de large,
nommés contre-torpilleurs, dont le prototype fut la « Durandal ». Ces
navires ressemblaient à des coques de sous-marins, avec une ligne de
flottaison très basse. Une énorme machine de 2600 CV les propulsait à 27
nœuds. Construite au Havre en 1900, l’Espingole est affectée à l’escadre
du Moyen Orient en 1901. Elle participe à une expédition en Turquie. On la
retrouve, début 1903, à Rochefort puis à Toulon. Le 4 février 1903, au
cours d’un exercice par mer calme, l’Espingole, lancée à grande vitesse
derrière l’Epée, autre contre-torpilleur, heurte le sec de Taillat et s’y
échoue. Les secours arrivent : « des paillets Malakoff » sont posés et le
chargement lourd est jeté à la mer. Les canons sont transférés. L’Espingole
se déséchoue et on tente de la remorquer vers la plage de Cavalaire. Après
800 mètres de route, elles coule… La remorque fouette, atteignant deux
matelots, seuls blessés de ce sinistre. Les tentatives de renflouement qui
suivirent échouèrent, tant et si bien que l’Espingole fait désormais la
joie des plongeurs.
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La plongée
Le site de l’épave est relativement abrité du
vent d’est, mais exposé au mistral et au ponant. L’eau claire et la
profondeur moyenne font l’attrait de cette épave, par ailleurs peu
dangereuse et facilement pénétrable. Le navire a dû couler droit sur sa
quille, puis s’est très légèrement penché sur tribord. Sous les agressions
de la mer et quelques tentatives de renflouement malheureuses, le tiers
avant s’est séparé de la coque et couché sur le sable. En avant des
chaudières, le bateau a basculé à 90° et les tôles du bordage sont mieux
conservées. En arrière, les membrures mises à nu forment de curieux
arcs-boutants. Les plaques de bordage gisent à plat sur le sol.
L’intérieur de l’épave est de ce fait aisément accessible : on y trouve un
chargement d’obus de 47 et de 65, dans lequel les plongeurs ont largement
puisé. Les machines sont sur la partie la mieux conservée, ainsi que le
chargement de briques de charbon estampillées. Ainsi que le logement de
l’équipage et les cuisines, rudimentaires. Tout l’armement a été supprimé
lors du naufrage, ou peu après. Les hélices, ensablées, existent toujours.
Enfin, on retrouve sans peine les énormes chaînes passées sous la coque
qui auraient dû permettre le renflouement de l’épave.
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L’épave, bien que située à proximité du Togo, n’est pas
colonisée par les gorgones. Seules d’innombrables éponges multicolores se
sont accaparées la carapace de métal, lui donnant une magnifique couleur
pourpre à la lueur des phares.
La faune est abondante. Sur la proue un petit mérou a établi ses
quartiers. De très gros spécimens de Dentis sont également présents, de
même que des bancs d’apogons qui vous accompagnent dans votre visite. La
partie centrale de l’Espingole est un refuge pour les congres. On trouve
également des crustacés comme des langoustes, galathées ou homards. |

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