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Historique
On ignore tout des causes réelles de la chute de
ce bombardier allemand, si ce n’est qu’il était basé à Istres, la base de
la Luftwaffe aux environs d’Avignon. On pense que seul un incident
technique a pu contraindre le pilote à l’amerrissage. L’hypothèse est
d’autant plus vraisemblable que l’avion se trouve à peu de distance du
Frioul; grâce à cette proximité, l’équipage a pu rejoindre l’île à la
nage. Cependant, tous les occupants de l’avion n’ont pu être sauvés car,
dans la cabine de pilotage, des ossements humains ont été retrouvés. En
outre, un témoin oculaire, l’un des gendarmes alors en poste sur l’île du
Frioul, affirme avoir vu en 1944 un avion tomber dans un lieu qui coïncide
à peu près avec celui où se trouve aujourd’hui l’épave. On a pourtant
retrouvé sous le siège du pilote du Ju-88 une fusée de détresse dont la
date de péremption encore lisible est mai 1943. Le témoignage du gendarme
n’est donc pas crédible. En effet, si l’on se fie au sérieux des
techniciens de la Luftwaffe, l’avion est obligatoirement tombé à la mer à
une date antérieure à celle précisée sur la fusée. L’épave est recouverte
par un solide filet du genre de celui qu’utilisent les chalutiers de pêche
hauturière, ce qui laisse supposer qu’un de ces bateaux a capturé par
erreur l’avion et l’a ensuite remorqué près de la côte afin de libérer son
filet. Plus de 16’000 exemplaires du Junker 88 ont été construits entre
1939 et 1945. Considéré comme l’épine dorsale de la Luftwaffe, cet avion
s’est révélé l’appareil le plus polyvalent de la flotte aérienne
allemande : outre le bombardement, il pouvait effectuer des missions de
reconnaissance et de chasse nocturne. L’épave a été découverte en 1989 par
Luc Vanrell. Aujourd’hui encore, ce plongeur marseillais continue
d’explorer l’avion dans l’espoir de trouver un indice qui permettrait
d’élucider le secret du Ju-88. |



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Plongée
Le bimoteur repose approximativement à 1 km dans le sud
de l’île du Frioul, à une profondeur d’environ 53 mètres. Il est posé à
l’endroit sur un fond sableux comme s’il était en réparation, dans un
hangar. Seule la queue est pliée à un angle de 45° tandis que toutes les
autres parties de la structure sont absolument intactes. Le bombardier est
long de près de 14,5 mètres et a une envergure d’un peu moins de 20
mètres. Le nez vitré est partie brisé, sans doute à la suite du choc avec
la surface de l’eau. Certains éléments, comme la queue et l’aile gauche,
sont en outre recouverts par un filet à grosses mailles. Parmi les détails
les plus intéressants, il faut citer les moteurs qui, bien que privés de
leurs hélices, sont vraiment de grande dimension; les Junker 88 étaient en
général dotés de moteur du type Jumo 211 B de 1'200 CV. Il n’est cependant
pas possible d’établir quel type de moteur a été installé sur notre épave.
En relevant le sable qui recouvre la surface supérieure de l’aile gauche,
à environ un tiers de l’extrémité ; on aperçoit les insignes allemands : la
typique croix blanche et noire. Du fait de la position isolée sur un fond
de sable, l’avion peut être facilement comparé à une oasis dans le
désert ; il héberge en effet de nombreux poissons qui se tiennent
principalement sous les ailes en compagnies de quelques langoustes et de
quelques homards En pleine eau, évoluent de nombreux anthias, poissons que
l’on observe communément aux alentours de presque toutes les épaves. Sur
la queue, on peut admirer de très gros spirographes tandis que l’aluminium
est ici et là recouvert de faune fixée encroûtante. |