LE JUNKER 88
 





Fiche technique

Type d’épave : bombardier
Nationalité : allemande
Année de construction : inconnue
Envergure : 18,38 m
Longueur : 14,36 m
Date du naufrage : inconnue
Cause du naufrage : avarie probable
Localisation : au sud de l'île du Frioul à environ 500 mètres du rivage

Profondeur minimale : 50 m
Profondeur maximale : 53 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : grande
Visibilité : suivant les courants de bonne à mauvaise
Courant : rare
Difficulté de plongée : grande
Lignes ou filets : quelques-uns
Intérêt historique : grand
Intérêt photographique : grand
Intérêt biologique : faible
 

Historique
On ignore tout des causes réelles de la chute de ce bombardier allemand, si ce n’est qu’il était basé à Istres, la base de la Luftwaffe aux environs d’Avignon. On pense que seul un incident technique a pu contraindre le pilote à l’amerrissage. L’hypothèse est d’autant plus vraisemblable que l’avion se trouve à peu de distance du Frioul; grâce à cette proximité, l’équipage a pu rejoindre l’île à la nage. Cependant, tous les occupants de l’avion n’ont pu être sauvés car, dans la cabine de pilotage, des ossements humains ont été retrouvés. En outre, un témoin oculaire, l’un des gendarmes alors en poste sur l’île du Frioul, affirme avoir vu en 1944 un avion tomber dans un lieu qui coïncide à peu près avec celui où se trouve aujourd’hui l’épave. On a pourtant retrouvé sous le siège du pilote du Ju-88 une fusée de détresse dont la date de péremption encore lisible est mai 1943. Le témoignage du gendarme n’est donc pas crédible. En effet, si l’on se fie au sérieux des techniciens de la Luftwaffe, l’avion est obligatoirement tombé à la mer à une date antérieure à celle précisée sur la fusée. L’épave est recouverte par un solide filet du genre de celui qu’utilisent les chalutiers de pêche hauturière, ce qui laisse supposer qu’un de ces bateaux a capturé par erreur l’avion et l’a ensuite remorqué près de la côte afin de libérer son filet. Plus de 16’000 exemplaires du Junker 88 ont été construits entre 1939 et 1945. Considéré comme l’épine dorsale de la Luftwaffe, cet avion s’est révélé l’appareil le plus polyvalent de la flotte aérienne allemande : outre le bombardement, il pouvait effectuer des missions de reconnaissance et de chasse nocturne. L’épave a été découverte en 1989 par Luc Vanrell. Aujourd’hui encore, ce plongeur marseillais continue d’explorer l’avion dans l’espoir de trouver un indice qui permettrait d’élucider le secret du Ju-88.


Un filet enveloppe entièrement la queue, qui gît repliée sur l'aile droite.

Un moteur Jumo

Le moyeu de l'hélice du moteur gauche


Un des pneus du train d'atterrissage




Le toit de la cabine de pilotage

 

Plongée
Le bimoteur repose approximativement à 1 km dans le sud de l’île du Frioul, à une profondeur d’environ 53 mètres. Il est posé à l’endroit sur un fond sableux comme s’il était en réparation, dans un hangar. Seule la queue est pliée à un angle de 45° tandis que toutes les autres parties de la structure sont absolument intactes. Le bombardier est long de près de 14,5 mètres et a une envergure d’un peu moins de 20 mètres. Le nez vitré est partie brisé, sans doute à la suite du choc avec la surface de l’eau. Certains éléments, comme la queue et l’aile gauche, sont en outre recouverts par un filet à grosses mailles. Parmi les détails les plus intéressants, il faut citer les moteurs qui, bien que privés de leurs hélices, sont vraiment de grande dimension; les Junker 88 étaient en général dotés de moteur du type Jumo 211 B de 1'200 CV. Il n’est cependant pas possible d’établir quel type de moteur a été installé sur notre épave. En relevant le sable qui recouvre la surface supérieure de l’aile gauche, à environ un tiers de l’extrémité ; on aperçoit les insignes allemands : la typique croix blanche et noire. Du fait de la position isolée sur un fond de sable, l’avion peut être facilement comparé à une oasis dans le désert ; il héberge en effet de nombreux poissons qui se tiennent principalement sous les ailes en compagnies de quelques langoustes et de quelques homards En pleine eau, évoluent de nombreux anthias, poissons que l’on observe communément aux alentours de presque toutes les épaves. Sur la queue, on peut admirer de très gros spirographes tandis que l’aluminium est ici et là  recouvert de faune fixée encroûtante.

 

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