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Historique
Ce bateau est connu de tous sous le nom de KT,
peut-être les initiales allemandes de Korvette. Il s’agit de tout évidence
d’une petite unité, dragueur de mine ou corvette. Même si l’armement
extrêmement réduit, constituant en deux mitrailleuses doubles
antiaériennes et en quatre ou six autres de calibre inférieur, ferait
presque penser à un petit bateau de la Première Guerre mondiale dévolu au
rôle de dragueur de mines et sur lequel était monté un armement léger. Les
ponts sont d’ailleurs en bois, typiques des bateaux de faible tonnage ou
des dragueurs de mines. La nationalité de l’épave a été elle-même une
surprise : le débarquement de l’équipage allemand après le naufrage avait
fait croire à tous qu’il s’agissait d’un navire de même nationalité. En
fait, il s’agit d’un bateau français, probablement tombé entre les mains
des Allemands après l’occupation de la France, et réutilisé avec un
équipage allemand, pratique communément adoptée avec les bateaux italiens
après le 8 septembre 1943. Pour en venir au naufrage, le bateau naviguait
au large du promontoire de Sestri Levante, escorté de deux vedettes
anti-sous-marines, par une froide matinée d’avril 1944. Un sous-marin
allié les aperçut à travers son périscope et lança vers eux deux
torpilles. L’une d’elles manqua sa cible, pour aller exploser sur la côte,
aux environs du tunnel Sainte-Anne. La seconde toucha le KT au milieu,
juste en arrière de la cheminée, provoquant le naufrage immédiat. Il
semble qu’il n’y ait eu aucune victime et que l’équipage ait été récupéré
par les deux vedettes et débarqué à Sestri. Le bateau est allé se poser
sur un fond de vase à un moins de 60 mètres de profondeur, bien droit sur
sa quille, la proue pointée vers le large et la poupe vers la terre. |

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La plongée
Voici une des plus belles plongées sur épave non
seulement de Méditerranée, mais aussi du monde. La position de l’épave au
large l’expose aux courants qui, certains jours, peuvent être très
puissants. Ensuite, tout le bateau est enveloppé de nombreux filets,
lignes, bouts, etc…qui constituent un risque non négligeable. La poupe est
ficelée dans un gigantesque filet de chalut, maintenu en pleine eau par de
nombreux flotteurs : piège redoutable en cas de mauvaise visibilité. Le
point le plus élevé est un mât tripode métallique, posé sur le château et
qui remonte jusqu’à 35 mètres. Tout autour, les structures du bateau sont
parfaitement visibles. On est immédiatement frappé par l’énorme quantité
de poissons, véritables nuages d’anthias roses, de bogues, de mendoles et
de castagnoles qui entourent le navire, se déplaçant à l’unisson en
mouvements saccadés donnant l’impression que c’est le bateau entier qui
bouge. Légèrement sur l’arrière se dresse l’unique cheminé, très haute,
avec la partie supérieure dont les tôles sont détruites et dont les tuyaux
intérieurs sont bien visibles. Sous le mât tripode, voici le château, avec
la passerelle, accessible par une porte latérale, mais encombrée de bouts
en tous genres. Les ouvertures avant sont protégées par un blindage,
typique des navires de guerre. Plus vaste, le compartiment situé en
dessous, peut-être observé au travers de plusieurs ouvertures, mais,
aussi, non sans précaution, par l’entrée. Les deux chadburns ont
malheureusement été enlevés par les habituels vandales, et avec eux a
disparu le souvenir qu’ils évoquaient, de même que d’autres instruments et
équipements de bord qui, semble-t-il, constituent l’unique centre
d’intérêt de plongeurs à la sensibilité et à l’intelligence décidément
bien limitées. La grande profondeur a, par chance, évité la récupération
des armes, excepté une mitrailleuse antiaérienne qui a disparu. L’épave
est donc encore presque entière et offre des spectacles désormais rares.
Près de la dunette, par exemple, ont peut voir un très beau container à
deux niveaux avec, encore bien alignés les chargeurs semi-circulaires des
pièces antiaériennes, tandis que d’autres chargeurs sont éparpillés sur le
pont. La proue, comme du reste toute la moitié avant du navire, est très
bien conservée, aussi faut-il s’en tenir légèrement écarté pour apprécier
le magnifique spectacle de l’étrave étroite et fine, avec les deux ancres
encore à pose dans les écubiers et une étrange plaque en forme de boulier
placée juste sur le « nez » de la proue.
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