LE KT DE SESTRI
 



La proue
 

Fiche technique

Type d’épave : dragueur de mines
Nationalité : allemande
Année de construction : inconnue
Jauge : environ de 600 à 800 tonneaux
Date du naufrage : avril 1944
Cause du naufrage : attaque par un sous-marin
Localisation : dans le 113 de la pointe Manara et le 70 du phare de Sestri Levante à 1 mille du rivage

Profondeur minimale : 35 m
Profondeur maximale : 60 m

 


Informations plongée

Difficulté de localisation : grande
Visibilité : de bonne à excellente
Courant : de faible à moyen
Difficulté de plongée : grande
Lignes ou filets : nombreux
Intérêt historique : grand
Intérêt photographique : grand
Intérêt biologique : grand

Historique
Ce bateau est connu de tous sous le nom de KT, peut-être les initiales allemandes de Korvette. Il s’agit de tout évidence d’une petite unité, dragueur de mine ou corvette. Même si l’armement extrêmement réduit, constituant en deux mitrailleuses doubles antiaériennes et en quatre ou six autres de calibre inférieur, ferait presque penser à un petit bateau de la Première Guerre mondiale dévolu au rôle de dragueur de mines et sur lequel était monté un armement léger. Les ponts sont d’ailleurs en bois, typiques des bateaux de faible tonnage ou des dragueurs de mines. La nationalité de l’épave a été elle-même une surprise : le débarquement de l’équipage allemand après le naufrage avait fait croire à tous qu’il s’agissait d’un navire de même nationalité. En fait, il s’agit d’un bateau français, probablement tombé entre les mains des Allemands après l’occupation de la France, et réutilisé avec un équipage allemand, pratique communément adoptée avec les bateaux italiens après le 8 septembre 1943. Pour en venir au naufrage, le bateau naviguait au large du promontoire de Sestri  Levante, escorté de deux vedettes anti-sous-marines, par une froide matinée d’avril 1944. Un sous-marin allié les aperçut à travers son périscope et lança vers eux deux torpilles. L’une d’elles manqua sa cible, pour aller exploser sur la côte, aux environs du tunnel Sainte-Anne. La seconde toucha le KT au milieu, juste en arrière de la cheminée, provoquant le naufrage immédiat. Il semble qu’il n’y ait eu aucune victime et que l’équipage ait été récupéré par les deux vedettes et débarqué à Sestri. Le bateau est allé se poser sur un fond de vase à un moins de 60 mètres de profondeur, bien droit sur sa quille, la proue pointée vers le large et la poupe vers la terre.

Près de la dunette, un container métallique contenant encore des chargeurs semi-circulaires des pièces antiaériennes

Au fond de la cale éventrée, on peut voir quelques bouteilles à moitié recouvertes de vase




  


De nombreuses tôles sont concrétionnées par de splendides actinies bijoux
 


Une des mitrailleuses doubles antiaériennes 
 


La cheminée


La plongée

Voici une des plus belles plongées sur épave non seulement de Méditerranée, mais aussi du monde. La position de l’épave au large l’expose aux courants qui, certains jours, peuvent être très puissants. Ensuite, tout le bateau est enveloppé de nombreux filets, lignes, bouts, etc…qui constituent un risque non négligeable. La poupe est ficelée dans un gigantesque filet de chalut, maintenu en pleine eau par de nombreux flotteurs : piège redoutable en cas de mauvaise visibilité. Le point le plus élevé est un mât tripode métallique, posé sur le château et qui remonte jusqu’à 35 mètres. Tout autour, les structures du bateau sont parfaitement visibles. On est immédiatement frappé par l’énorme quantité de poissons, véritables nuages d’anthias roses, de bogues, de mendoles et de castagnoles qui entourent le navire, se déplaçant à l’unisson en mouvements saccadés donnant l’impression que c’est le bateau entier qui bouge. Légèrement sur l’arrière se dresse l’unique cheminé, très haute, avec la partie supérieure dont les tôles sont détruites et dont les tuyaux intérieurs sont bien visibles. Sous le mât tripode, voici le château, avec la passerelle, accessible par une porte latérale, mais encombrée de bouts en tous genres. Les ouvertures avant sont protégées par un blindage, typique des navires de guerre. Plus vaste, le compartiment situé en dessous, peut-être observé au travers de plusieurs ouvertures, mais, aussi, non sans précaution, par l’entrée. Les deux chadburns ont malheureusement été enlevés par les habituels vandales, et avec eux a disparu le souvenir qu’ils évoquaient, de même que d’autres instruments et équipements de bord qui, semble-t-il, constituent l’unique centre d’intérêt de plongeurs à la sensibilité et à l’intelligence décidément bien limitées. La grande profondeur a, par chance, évité la récupération des armes, excepté une mitrailleuse antiaérienne qui a disparu. L’épave est donc encore presque entière et offre des spectacles désormais rares. Près de la dunette, par exemple, ont peut voir un très beau container à deux niveaux avec, encore bien alignés les chargeurs semi-circulaires des pièces antiaériennes, tandis que d’autres chargeurs sont éparpillés sur le pont. La proue, comme du reste toute la moitié avant du navire, est très bien conservée, aussi faut-il s’en tenir légèrement écarté pour apprécier le magnifique spectacle de l’étrave étroite et fine, avec les deux ancres encore à pose dans les écubiers et une étrange plaque en forme de boulier placée juste sur le « nez » de la proue.

 

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