|
Historique
Le 28 février 1888, la Commission d’Essai concluait à
la bonne marche d’un remorqueur à roues construit deux ans auparavant
selon les plans de M. Gauthier. Livré à Toulon, le Lagoubran, comme ses
semblables tel le Mourillon, passa plus de trente années à remorquer
cuirassés ou torpilleurs, à déplacer des corps morts, à traîner des
chalands. En 1909, même, il participa au transfert de l’énorme « île aux
torpilles », bâtiment en béton construit en cale sèche, remorqué près du
cap de Brégançon, et coulé par petit fond pour servir de support à une
base de lancement de torpilles. Il est à Toulon lorsque le cuirassé
Liberté saute. La grande guerre se passe sans encombre pour le petit
navire. Il n’en est pas de même pour beaucoup de gros bâtiments, victimes
des mines et des U-Boot allemands. Quand le conflit se termine, le
Lagoubran est utilisé comme dragueur de mines, et c’est au cours d’une
mission en rade de Marseille, le 6 mars 1919, qu’il explose de l’avant.
Sur trente membres d’équipage, il y a douze victimes, dont huit morts. Les
rescapés sont recueillis par le dragueur Pioche. Le bateau coule
immédiatement.
|
 |
|
La plongée
Le bâtiment repose
bien droit sur la quille, tout entouré de filets, de cordes et de câbles
divers, plus ou moins tendus par des flotteurs de chaluts. Comme il s’agit
d’un bateau à roues, on a du mal à différencier avant et arrière, étrave
et étambot. Il semble que la poupe soit intacte, et la proue a éclaté sous
l’impact d’une mine. La structure du navire est bien conservée, le pont
subsiste, ainsi qu’une cabine au-dessus de la chaudière. Les roues à
aubes, à dix rayons, si elles ont perdu leurs palettes, ont conservé les
immenses coffres ou cages qui les protégeaient. Dans ces énormes
carénages, les congres grouillent très vieux, très nombreux, très gros !
Au-dessus des roues, une petite plate-forme carrée, vestige d’une longue
passerelle qui reliait bâbord et tribord dans les superstructures. La
cheminée s’est décrochée, et on n’observe aucun mât en place.
|