LE LST DE PONZA
 


 


Une mitrailleuse
 

Fiche technique

Type d’épave : bateau de débarquement et transport de troupes
Nationalité : britannique
Année de construction : 1942
Jauge : inconnue
Date du naufrage : 23 février 1943
Cause du naufrage : mauvaises conditions météo
Localisation : près de la pointe Papa à 100 mètres du rivage

Profondeur minimale : 18 m
Profondeur maximale : 26 m

 


Informations plongée

Difficulté de localisation : faible
Visibilité : habituellement très bonne
Courant : nul
Difficulté de plongée : minime
Lignes ou filets : néant
Intérêt historique : modéré
Intérêt photographique : modéré
Intérêt biologique : modéré

Historique
Le Landing Ship Tank n'était pas un genre de navire très adapté à la navigation par mer agitée. C'était pourtant lui qui servait à ce moment de la Seconde Guerre mondiale aux forces alliées opérant en Méditerranée. Presque tous les ports de la péninsule italienne et des zones occupées étaient entre les mains de l'Axe et pour mener à bien un débarquement, rien ne valait un bateau doté d'un très faible tirant d'eau, capable de débarquer des troupes et des véhicules sur n'importe quelle plage. C'est pour cela que la Marine britannique s'était lancée dans la construction d'un grand nombre de ces unités, communément appelés LST, longues de 105 mètres et larges de 16. Leur tirant d'eau variait entre 1,5 mètres et 3 mètres suivant le chargement. La motorisation, avec deux groupes de 5 500 CV chacun, permettait à ce type de bateau de dépasser 10 noeuds en vitesse de croisière et de transporter plus de 200 hommes, entre l'équipage et les troupes de débarquement, ainsi que des chars et des véhicules. L'armement, composé de 2 canons de 40 mm et de 6 autres de 20 mm, avait exclusivement une fonction défensive. Le Landing Ship Tank MK 3 qui aujourd'hui repose sur les fonds de la pointe Papa, à Ponza, avait quitté le port d'Anzio dans la nuit du 22 au 23 février 1943 à destination de Naples, transportant une cinquantaine de prisonniers allemands, quelques véhicules et des munitions. Le commandant du bateau savait bien qu'il ne pouvait pas affronter des conditions de mer très dures, alors que le vent forcissait et que les vagues grossissaient de plus en plus. Il décida donc de chercher un abri sous les falaises de l'île de Palmarola, en mesure d'offrir une relative protection contre le mistral qui devenait de plus en plus violent. Malheureusement, les moteurs n'étaient plus capables de lutter contre la furie des éléments, alors que le navire était à chaque instant un peu plus poussé vers l'île de Ponza. Avec ces moteurs de moins en moins efficaces, l'équipage tenta le tout pour le tout en mouillant aux abords de la Cala Feola. Mais même cette tentative ultime et désespérée fut vaine, car les vagues cassèrent les aussières et commencèrent à faire talonner le bateau contre les rochers de la pointe Papa, jusqu'à le briser en deux et à le faire couler à pic, tandis que les habitants de l'île tentaient par tous les moyens de secourir les naufragés en leur lançant des cordes et des bouées. Malgré cela, le bilan des victimes fut lourd : plus de trente hommes, matelots et prisonniers, furent retrouvés morts, en plus du commandant qui se suicida avant que son navire ne disparaisse. Ce naufrage dramatique contraste avec l'atmosphère de sérénité qui règne aujourd'hui autour de l'épave, posée sur petit fond de sable blanc, dans une eau d'un limpidité extraordinaire.


Une mitrailleuse









 

 

La structure du pont arrière a été considérablement endommagée

 


 


La poupe










 


Les éléments fixés sur les côtés de la poupe devaient protéger les hélices et les safrans des chocs pendant les débarquements

Un treuil sur le pont

 

 

 



La partie arrière de l'épave
 

La plongée
L'épave, presque perpendiculaire, est facilement repérable dans l'eau claire. Quelques coups de palme suffisent pour arriver en face de la partie avant, posée droite sur sa quille sur un fond d'environ 26 mètres. Le panneau rabattable, qui permettait de débarquer les soldats et les véhicules, n'est plus en place. Il s'est créé une sorte de tunnel sous le pont supérieur, décoré de magnifiques colonies de gorgones jaunes, bien nourries par le courant qui circule dans ce passage. Sur l'épave, il ne faut pas se laisser tenter et pénétrer aussitôt dans cette pénombre attirante : les bulles expirées monteraient jusqu'au plafond du tunnel et passeraient entre les nombreuses fissures ouvertes dans les tôles et sortiraient sur le pont, éliminant toute possibilité de photographie. Il est préférable de s'intéresser dès le début au pont, où les mitrailleuses sont en place, sur leur affût qui tourne encore sans grippage. Ici. la profondeur est d'environ 18 mètres, il est donc possible d'y rester un long moment sans problèmes particuliers. La clarté de l'eau permet de photographier en entier toute la partie avant, en plus des détails des mitrailleuses ou de la petite porte qui donne sur un compartiment communiquant avec la cale, sujet désormais classique pour tous les photographes qui ont plongé sur cette épave. Cette partie du bateau est la plus belle et la plus fréquentée par les plongeurs, qui, souvent, ignorent même l'existence de l'arrière, situé à seulement 100 mètres de là, en direction de la Cala. Il suffit pour le trouver de suivre les tôles éparses  sur le fond et de se fier à son instinct. L'épave repose à peine à l'intérieur de la Cala et à une profondeur maximum de 22 mètres. La poupe est elle aussi posée sur le fond, bien droite, mais en grande partie enfouie dans le sable. Quelques éléments sont encore en place sur le pont, mais les logements sont désormais pratiquement enfouis.

 

EPAVES MEDITERRANEE