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Historique
Le Landing Ship Tank n'était pas un genre de navire très adapté à la
navigation par mer agitée. C'était pourtant lui qui servait à ce moment de
la Seconde Guerre mondiale aux forces alliées opérant en Méditerranée.
Presque tous les ports de la péninsule italienne et des zones occupées
étaient entre les mains de l'Axe et pour mener à bien un débarquement,
rien ne valait un bateau doté d'un très faible tirant d'eau, capable de
débarquer des troupes et des véhicules sur n'importe quelle plage. C'est
pour cela que la Marine britannique s'était lancée dans la construction
d'un grand nombre de ces unités, communément appelés LST, longues de 105
mètres et larges de 16. Leur tirant d'eau variait entre 1,5 mètres et 3
mètres suivant le chargement. La motorisation, avec deux groupes de 5 500
CV chacun, permettait à ce type de bateau de dépasser 10 noeuds en vitesse
de croisière et de transporter plus de 200 hommes, entre l'équipage et les
troupes de débarquement, ainsi que des chars et des véhicules. L'armement,
composé de 2 canons de 40 mm et de 6 autres de 20 mm, avait exclusivement
une fonction défensive. Le Landing Ship Tank MK 3 qui aujourd'hui repose
sur les fonds de la pointe Papa, à Ponza, avait quitté le port d'Anzio
dans la nuit du 22 au 23 février 1943 à destination de Naples,
transportant une cinquantaine de prisonniers allemands, quelques véhicules
et des munitions. Le commandant du bateau savait bien qu'il ne pouvait pas
affronter des conditions de mer très dures, alors que le vent forcissait
et que les vagues grossissaient de plus en plus. Il décida donc de
chercher un abri sous les falaises de l'île de Palmarola, en mesure
d'offrir une relative protection contre le mistral qui devenait de plus en
plus violent. Malheureusement, les moteurs n'étaient plus capables de
lutter contre la furie des éléments, alors que le navire était à chaque
instant un peu plus poussé vers l'île de Ponza. Avec ces moteurs de moins
en moins efficaces, l'équipage tenta le tout pour le tout en mouillant aux
abords de la Cala Feola. Mais même cette tentative ultime et désespérée
fut vaine, car les vagues cassèrent les aussières et commencèrent à faire
talonner le bateau contre les rochers de la pointe Papa, jusqu'à le briser
en deux et à le faire couler à pic, tandis que les habitants de l'île
tentaient par tous les moyens de secourir les naufragés en leur lançant
des cordes et des bouées. Malgré cela, le bilan des victimes fut lourd :
plus de trente hommes, matelots et prisonniers, furent retrouvés morts, en
plus du commandant qui se suicida avant que son navire ne disparaisse. Ce
naufrage dramatique contraste avec l'atmosphère de sérénité qui règne
aujourd'hui autour de l'épave, posée sur petit fond de sable blanc, dans
une eau d'un limpidité extraordinaire. |



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La plongée
L'épave, presque perpendiculaire, est facilement repérable dans l'eau
claire. Quelques coups de palme suffisent pour arriver en face de la
partie avant, posée droite sur sa quille sur un fond d'environ 26 mètres.
Le panneau rabattable, qui permettait de débarquer les soldats et les
véhicules, n'est plus en place. Il s'est créé une sorte de tunnel sous le
pont supérieur, décoré de magnifiques colonies de gorgones jaunes, bien
nourries par le courant qui circule dans ce passage. Sur l'épave, il ne
faut pas se laisser tenter et pénétrer aussitôt dans cette pénombre
attirante : les bulles expirées monteraient jusqu'au plafond du tunnel et
passeraient entre les nombreuses fissures ouvertes dans les tôles et
sortiraient sur le pont, éliminant toute possibilité de photographie. Il
est préférable de s'intéresser dès le début au pont, où les mitrailleuses
sont en place, sur leur affût qui tourne encore sans grippage. Ici. la
profondeur est d'environ 18 mètres, il est donc possible d'y rester un
long moment sans problèmes particuliers. La clarté de l'eau permet de
photographier en entier toute la partie avant, en plus des détails des
mitrailleuses ou de la petite porte qui donne sur un compartiment
communiquant avec la cale, sujet désormais classique pour tous les
photographes qui ont plongé sur cette épave. Cette partie du bateau est la
plus belle et la plus fréquentée par les plongeurs, qui, souvent, ignorent
même l'existence de l'arrière, situé à seulement 100 mètres de là, en
direction de la Cala. Il suffit pour le trouver de suivre les tôles
éparses sur le fond et de se fier à son instinct. L'épave repose à
peine à l'intérieur de la Cala et à une profondeur maximum de 22 mètres.
La poupe est elle aussi posée sur le fond, bien droite, mais en grande
partie enfouie dans le sable. Quelques éléments sont encore en place sur
le pont, mais les logements sont désormais pratiquement enfouis. |