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Historique
Les LST (Landing Ship Tank) étaient de gros navires de débarquement, avec
une grande double porte à l'étrave. Construits à plus de mille
exemplaires, ils furent utilisés pour les débarquements en masse. L'un des
premiers construits, le LST 6, coula d'ailleurs en baie de Seine le 18
novembre 1944, et six d'entre eux, au moins, furent perdus en France. A
l'issue de la guerre, dix de ces unités furent remises à la France qui les
utilisa plus de vingt ans. Ce bâtiment fut l'un des rares à être atteints
par des fusées téléguidées, arme nouvelle dans l'aviation allemande. A
l'issue du grand rassemblement de troupes de l'opération Dragon (le
débarquement en Provence), une armada s'était réunie le matin du 15 août
au large de la plage du Dramont. L'établissement d'une tête de pont ne fut
pas difficile et, bientôt, le gros matériel fut débarqué. Vers la fin de
la journée, le LST 282, du groupe d'intervention 87/4, reçut l'ordre de se
diriger vers la plage. Vers 20h30, une alerte rouge fut captée et les
officiers d'artillerie du bord furent prévenus. L'attaque de la fusée fut
si brève que rien ne put être tenté pour défendre le navire. Venant du
Dramont, un avion allemand passé inaperçu lança un engin rouge, brillant,
éblouissant. L'objet, apparemment, ne se déplaçait pas. Il commença à se
diriger en avant de l'avion et en descendant sur le même parcours que ce
dernier jusqu'à ce que sa hauteur soit de 25°. A cet instant il tourna
d'environ 90° sur tribord et se dirigea vraisemblablement vers le LST 282.
Une flamme d'un jaune brillant et une fumée blanche purent être observées
à la queue de l'appareil qui ressemblait à un avion en miniature. La
vitesse de l'objet était excessivement rapide. Le commandant dit à
l'officier canonnier que c'était une bombe télécommandée et ordonna
d'ouvrir le feu. Le canon de 40 placé à la proue ouvrit le feu. La bombe
passa sur le côté tribord à environ quinze mètres de hauteur. Il semblait
qu'elle était sur le point de dépasser le navire lorsque soudainement elle
tourna de 45° sur bâbord et tomba sur le bâtiment. Une explosion suivit
immédiatement. Plusieurs canons de la batterie avant avaient ouvert le feu
sur la bombe et l'avion, juste avant l'impact. La bombe tomba quelques
pieds en avant des superstructures, à la gauche de l'axe du bâtiment,
traversant le pont principal et explosant en dessous. Tous les canons qui
pouvaient servir ont tiré jusqu'à ce que l'avion fut hors de portée. Ce
récit du Lieutenant Gilbert suffit à raconter la fin du navire.
Pratiquement détruit en son centre, ce dernier s'échoua sur la plage. Il
demeura de longues années émergeant, puis fut démoli. Le dernier
ferrailleur à le démanteler a été Victor Monier.
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La plongée
Malgré une profondeur ridicule, la plongée n'est pas de tout repos. Cet
endroit est très exposé au ponant, au vent d'ouest et, dans une certaine
mesure, au vent d'est. Comme, en été, le ponant se lève presque tous les
jours vers onze heures, la situation devient vite impossible pour les
bateaux mouillés à toucher les rochers, et inconfortable pour les
plongeurs, car la houle se fait bien sentir sur ce fond plat à faible
profondeur. Sinon, l'eau se révèle en général limpide. Le tour de l'épave
sera rapide : vers Boulouris, un gros moteur de trois mètres de haut, posé
solidement sur le sol de sable et de roches mélangés; vers le Dramont, des
tôles et des longerons, avec quelques pièces verticales et, deci-delà, des
volants, des tubes, de fils électriques. Le recouvrement par les algues
rend d'ailleurs difficile l'identification des vestiges qui se confondent
parfois avec les rochers environnants. |