LE LST 282
 



 

Fiche technique

Type d’épave : navire de débarquement
Nationalité : française
Année de construction : inconnue

Longueur : 50 mètres

Largeur : 15 mètres
Date du naufrage : 15 août 1944
Cause du naufrage : bombardement
Localisation : sur la pointe d'Aiguebonne, à l'ouest du Dramont

Profondeur minimale : surface
Profondeur maximale : 5 m

 

Historique
Les LST (Landing Ship Tank) étaient de gros navires de débarquement, avec une grande double porte à l'étrave. Construits à plus de mille exemplaires, ils furent utilisés pour les débarquements en masse. L'un des premiers construits, le LST 6, coula d'ailleurs en baie de Seine le 18 novembre 1944, et six d'entre eux, au moins, furent perdus en France. A l'issue de la guerre, dix de ces unités furent remises à la France qui les utilisa plus de vingt ans. Ce bâtiment fut l'un des rares à être atteints par des fusées téléguidées, arme nouvelle dans l'aviation allemande. A l'issue du grand rassemblement de troupes de l'opération Dragon (le débarquement en Provence), une armada s'était réunie le matin du 15 août au large de la plage du Dramont. L'établissement d'une tête de pont ne fut pas difficile et, bientôt, le gros matériel fut débarqué. Vers la fin de la journée, le LST 282, du groupe d'intervention 87/4, reçut l'ordre de se diriger vers la plage. Vers 20h30, une alerte rouge fut captée et les officiers d'artillerie du bord furent prévenus. L'attaque de la fusée fut si brève que rien ne put être tenté pour défendre le navire. Venant du Dramont, un avion allemand passé inaperçu lança un engin rouge, brillant, éblouissant. L'objet, apparemment, ne se déplaçait pas. Il commença à se diriger en avant de l'avion et en descendant sur le même parcours que ce dernier jusqu'à ce que sa hauteur soit de 25°. A cet instant il tourna d'environ 90° sur tribord et se dirigea vraisemblablement vers le LST 282. Une flamme d'un jaune brillant et une fumée blanche purent être observées à la queue de l'appareil qui ressemblait à un avion en miniature. La vitesse de l'objet était excessivement rapide. Le commandant dit à l'officier canonnier que c'était une bombe télécommandée et ordonna d'ouvrir le feu. Le canon de 40 placé à la proue ouvrit le feu. La bombe passa sur le côté tribord à environ quinze mètres de hauteur. Il semblait qu'elle était sur le point de dépasser le navire lorsque soudainement elle tourna de 45° sur bâbord et tomba sur le bâtiment. Une explosion suivit immédiatement. Plusieurs canons de la batterie avant avaient ouvert le feu sur la bombe et l'avion, juste avant l'impact. La bombe tomba quelques pieds en avant des superstructures, à la gauche de l'axe du bâtiment, traversant le pont principal et explosant en dessous. Tous les canons qui pouvaient servir ont tiré jusqu'à ce que l'avion fut hors de portée. Ce récit du Lieutenant Gilbert suffit à raconter la fin du navire. Pratiquement détruit en son centre, ce dernier s'échoua sur la plage. Il demeura de longues années émergeant, puis fut démoli. Le dernier ferrailleur à le démanteler a été Victor Monier.
 


Le LST fut complètement désossé par Victor Moncer dans les années soixante
 


Des lunettes de type "Ray Ban" : marins naufragés... ou touristes?
 

La plongée
Malgré une profondeur ridicule, la plongée n'est pas de tout repos. Cet endroit est très exposé au ponant, au vent d'ouest et, dans une certaine mesure, au vent d'est. Comme, en été, le ponant se lève presque tous les jours vers onze heures, la situation devient vite impossible pour les bateaux mouillés à toucher les rochers, et inconfortable pour les plongeurs, car la houle se fait bien sentir sur ce fond plat à faible profondeur. Sinon, l'eau se révèle en général limpide. Le tour de l'épave sera rapide : vers Boulouris, un gros moteur de trois mètres de haut, posé solidement sur le sol de sable et de roches mélangés; vers le Dramont, des tôles et des longerons, avec quelques pièces verticales et, deci-delà, des volants, des tubes, de fils électriques. Le recouvrement par les algues rend d'ailleurs difficile l'identification des vestiges qui se confondent parfois avec les rochers environnants.

 

EPAVES MEDITERRANEE

EPAVES VAR