LE MESSERSCHMITT BF-109
 






 

Fiche technique

Type d’épave : avion de chasse
Nationalité : allemande
Année de construction : inconnue
Envergure : 9,86 m
Longueur : 8,84 m
Date du naufrage : 7 mars 1944
Cause du naufrage : avarie  du moteur
Localisation : au nord de l'île du Planier à environ 100 mètres du rivage

Profondeur minimale : 44 m
Profondeur maximale : 45 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : faible
Visibilité : de bonne à excellente
Courant : rare
Difficulté de plongée : de moyenne à élevée
Lignes ou filets : aucun
Intérêt historique : important
Intérêt photographique : important
Intérêt biologique : faible
 

Historique
7 mars 1944 : alerte aérienne sur la base de la Luftwaffe située près d’Avignon ! Deux bombardiers américains B-17, escortés par deux intercepteurs de chasse Lightning, se rapprochent du port de Marseille. Immédiatement, deux Messerschmitt BF-109 les célèbres chasseurs allemands, décollent pour intercepter les avions ennemis. Un des pilotes est le capitaine Hans Fahrenberger. Ce nom a été découvert après plusieurs années de recherche par le spécialiste d’épaves Jean-Pierre Joncheray. La mission lui coûta presque la vie : il réussit en effet à en réchapper seulement par un miracle. Les bombardiers ennemis sont rapidement repérés par les pilotes allemands et les deux Messerschmitt passent à l’attaque sans la moindre hésitation, décidant d’adopter une technique très en vogue entre pilotes : se placer avec le soleil dans le dos. Les équipages des avions ennemis, aveuglés par la lumière du soleil ne peuvent réussir à apercevoir clairement leurs adversaires. Le capitaine Fahrenberger se prépare à l’attaque et se lance en piqué, tirant contre les bombardiers avec son canon de 30 mm placé dans le moyeu de l’hélice. Cependant, peut-être à cause des forts vents qui faisaient continuellement bouger son appareil, il manque sa cible. Le capitaine se prépare alors à refaire une second attaque, reprenant de l’altitude lorsque son moteur s’arrête brutalement. Mais le pilote allemand dispose de plusieurs milles pour descendre avec le moteur stoppé, d’autant plus que les deux chasseurs américains ne le poursuivent pas : peut-être ont-ils vu la fumée qui sort de son moteur et ont-ils décidés de l’abandonner à son destin. Grâce à son sens de l’orientation et à son expérience, le capitaine réussit à diriger son avion vers la petite île du Planier, sur laquelle est érigé un phare, et à amerrir à seulement 100 mètres de distance des écueils sur une mer formées par des rafales de vent. Il se produisit une grande gerbe d’écume, une des pales de l’hélice se tordit comme une allumette et les revêtements métalliques de l’avion se plièrent et se déformèrent comme s’il s’agissait de vulgaire carton. Le Messerschmitt coula en cinq à six secondes comme une pierre. Le pilote parvint à sortir de l’appareil et ensuite à se mettre à l’abri sur l’île du Planier où, après une journée d’attente, il fut récupéré par un bateau de patrouille allemande.
 








Le Messerschmitt couché, le train d'atterrissage vers le haut









Une pale d'hélice et la sortie du canon de 30 mm

La plongée
L’épave du Messerschmitt se trouve à environ 100 mètres de l’île du Planier, à une profondeur de 45 mètres. L’avion est long de 8,74 mètres et son envergure est de 9,86 mètres. Les eaux qui entourent l’île sont plutôt limpides, aussi est-il possible d’apercevoir de loin l’épave. Avec une bonne visibilité, on peut commencer la plongée en partant d l’île même. Le Messerschmitt est posé à l’envers sur le fond. Une pale de l’hélice est enfoncée dans le sable, tandis que les autres sont cassées; la queue et les empennages sont pliés : conséquences des tentatives infructueuses de certains plongeurs professionnels, qui voulaient soulever l’épave pour découvrir quel secret se cachait dans le poste de pilotage. Sur une grande surface plate de sable, l’avion est devenu aujourd’hui une véritable oasis : la gueule du canon de bord et l’ogive de l’hélice hébergent quelques congres, tandis que de gros polychètes encroûtants décorent les ailes et le fuselage  Si le plongeur éclaire avec sa torche l’avion, il sera sans doute étonné par l’extraordinaire coloration des éponges qui en recouvrent les parties internes. L’épave étant plutôt petite, il faut faire attention au palmage, de façon à ne pas soulever de sable, ce qui réduirait immédiatement la visibilité ; un tel conseil est d’autant plus valable, si on veut prendre des photos. Enfin, si le plongeur, après une exploration attentive de l’épave du Messerschmitt, revient palmant vers le sud, en direction de l’île, il remontera le long d’un tombant entièrement recouvert de magnifiques gorgones.

 

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