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Historique
7 mars
1944 : alerte aérienne sur la base de la Luftwaffe située près d’Avignon !
Deux bombardiers américains B-17, escortés par deux intercepteurs de
chasse Lightning, se rapprochent du port de Marseille. Immédiatement, deux
Messerschmitt BF-109 les célèbres chasseurs allemands, décollent pour
intercepter les avions ennemis. Un des pilotes est le capitaine Hans
Fahrenberger. Ce nom a été découvert après plusieurs années de recherche
par le spécialiste d’épaves Jean-Pierre Joncheray. La mission lui coûta
presque la vie : il réussit en effet à en réchapper seulement par un
miracle. Les bombardiers ennemis sont rapidement repérés par les pilotes
allemands et les deux Messerschmitt passent à l’attaque sans la moindre
hésitation, décidant d’adopter une technique très en vogue entre pilotes :
se placer avec le soleil dans le dos. Les équipages des avions ennemis,
aveuglés par la lumière du soleil ne peuvent réussir à apercevoir
clairement leurs adversaires. Le capitaine Fahrenberger se prépare à
l’attaque et se lance en piqué, tirant contre les bombardiers avec son
canon de 30 mm placé dans le moyeu de l’hélice. Cependant, peut-être à
cause des forts vents qui faisaient continuellement bouger son appareil,
il manque sa cible. Le capitaine se prépare alors à refaire une second
attaque, reprenant de l’altitude lorsque son moteur s’arrête brutalement.
Mais le pilote allemand dispose de plusieurs milles pour descendre avec le
moteur stoppé, d’autant plus que les deux chasseurs américains ne le
poursuivent pas : peut-être ont-ils vu la fumée qui sort de son moteur et
ont-ils décidés de l’abandonner à son destin. Grâce à son sens de
l’orientation et à son expérience, le capitaine réussit à diriger son
avion vers la petite île du Planier, sur laquelle est érigé un phare, et à
amerrir à seulement 100 mètres de distance des écueils sur une mer formées
par des rafales de vent. Il se produisit une grande gerbe d’écume, une des
pales de l’hélice se tordit comme une allumette et les revêtements
métalliques de l’avion se plièrent et se déformèrent comme s’il s’agissait
de vulgaire carton. Le Messerschmitt coula en cinq à six secondes comme
une pierre. Le pilote parvint à sortir de l’appareil et ensuite à se
mettre à l’abri sur l’île du Planier où, après une journée d’attente, il
fut récupéré par un bateau de patrouille allemande.
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La plongée
L’épave du Messerschmitt se trouve à environ
100 mètres de l’île du Planier, à une profondeur de 45 mètres. L’avion est
long de 8,74 mètres et son envergure est de 9,86 mètres. Les eaux qui
entourent l’île sont plutôt limpides, aussi est-il possible d’apercevoir
de loin l’épave. Avec une bonne visibilité, on peut commencer la plongée
en partant d l’île même. Le Messerschmitt est posé à l’envers sur le fond.
Une pale de l’hélice est enfoncée dans le sable, tandis que les autres
sont cassées; la queue et les empennages sont pliés : conséquences des
tentatives infructueuses de certains plongeurs professionnels, qui
voulaient soulever l’épave pour découvrir quel secret se cachait dans le
poste de pilotage. Sur une grande surface plate de sable, l’avion est
devenu aujourd’hui une véritable oasis : la gueule du canon de bord et
l’ogive de l’hélice hébergent quelques congres, tandis que de gros
polychètes encroûtants décorent les ailes et le fuselage Si le plongeur
éclaire avec sa torche l’avion, il sera sans doute étonné par
l’extraordinaire coloration des éponges qui en recouvrent les parties
internes. L’épave étant plutôt petite, il faut faire attention au palmage,
de façon à ne pas soulever de sable, ce qui réduirait immédiatement la
visibilité ; un tel conseil est d’autant plus valable, si on veut prendre
des photos. Enfin, si le plongeur, après une exploration attentive de
l’épave du Messerschmitt, revient palmant vers le sud, en direction de
l’île, il remontera le long d’un tombant entièrement recouvert de
magnifiques gorgones. |