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Historique
Le P-38, doté de 2 moteurs Alison V 1710, atteignait une vitesse maximale
de 660 km/h. Il était armé de 4 mitrailleuses de 12,7 mm et d'un canon de
20 mm. Le pilote qui disparut tragiquement dans l'accident était le
lieutenant Harry R. Greenup. Ces informations furent donnés par la plaque
d'identification du tableau de bord de l'appareil. L'association des
anciens pilotes de P-38, aux Etats-Unis, communiqua aussi de nombreux
renseignements. Pour la petite histoire, l'épave est surnommée "l'avion de
Marcel"; Marcel Camilleri, inventeur de l'épave, patron du "Lecques
Aquanaut Center". Les anciens racontaient qu'un avion avait été abattu
dans la baie. Puis, les pêcheurs remontèrent dans leur chalut des morceaux
du P-38 : un train d'atterrissage, des pièces métalliques. Pendant une
dizaine d'années, des recherches furent entreprises par Marcel, qui
cherchait l'avion d'Antoine de St-Exupéry ! Un jour, tout à fait pas
hasard, les plongeurs furent intrigués par une concentration de poissons
inhabituelle sur le sable. En cherchant aux alentours, ils découvrirent
des tôles enchevêtrées dans un filet. De retour au QG, les plongeurs se
répartirent les tâches : il fallait confirmer la position de l'épave,
relever les amers, prendre les coordonnées GPS. L'avion fut déclaré aux
affaires maritimes en novembre 1996. Le filet fut retiré et l'avion
désensablé à la suceuse. Lorsqu'on parvint à entrer dans le cockpit, la
radio et la plaque d'identification de l'avion furent récupérés. La
présence des mitrailleuses témoignait du fait que l'avion n'appartenait
pas à St-Exupéry.
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La plongée
Cette épave est relativement protégée du vent d'Est. La visibilité y
avoisine les 20 mètres. A partir de 20 mètres de profondeur, on commence à
distinguer la masse sombre de l'avion. L'avion est posé complètement à
l'envers, à -38 mètres, sur le sable. Vu la petite taille de l'appareil,
vous aurez une jolie vue d'ensemble. Le moteur gauche est fixé au
fuselage. Celui de droite a été arraché lors du crash. Il est isolé sur le
sable, difficilement accessible. Les volets sont à moitié refermés. On
distingue clairement les trains d'atterrissage que le pilote n'a pas eu le
temps de sortir, les 4 mitrailleuses de 12,7 mm et le canon de 20 mm, couvert
d'éponges encroûtantes orangées, qui apparaît hors de la carlingue
éventrée. En se tenant face à l'appareil, on profite d'un joli point de
vue sur le moteur le mieux conservé, avec ses trois pales d'hélices
arrêtées le 27 janvier 1944. Nombreux rougets et mostelles, parfois même
un poisson-lune. L'épave regorge de vie : spirographes et éponges, la
carlingue abrite 6 ou 7 langoustes, 2 congres ont élu domicile, l'un sous
les ailes, l'autre dans le fuselage. Sans oublier le homard de
l'empennage. |