LE RUBIS
 







 

Fiche technique

Type d’épave : sous-marin mouilleur de mines
Nationalité : française
Année de construction : 1931
Jauge : 762 tonneaux
Date du naufrage : 31 janvier 1958
Cause du naufrage : transformation en but pour exercices militaires
Localisation : aux abords de cap Camarat à environ 1,4 mille du rivage

Profondeur minimale : 34 m
Profondeur maximale : 41 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : grande
Visibilité : de bonne à excellente
Courant : parfois très fort
Difficulté de plongée : grande
Lignes ou filets : néant
Intérêt historique : grand
Intérêt photographique : grand
Intérêt biologique : faible
 


Historique

Dessiné en 1925, le Rubis fut lancé en 1931 et mis en service l’année suivante. Construit aux chantiers de Toulon, il était le quatrième d’une série de six sous-marins. Le prototype en était le Saphir, lancé en 1930, suivi du Turquoise, du Nautilus, du Rubis, du Diamant et, en 1937, de la Perle. Ces submersibles, conçus pour mouiller des mines sans faire surface, pouvaient également lancer des torpilles. Les 32 mines dont ils étaient équipés étaient fixées à l’extérieur de la coque sous un revêtement hydrodynamique : chacun des huit puits situés de chaque côté sur les flancs du sous-marin contenait deux mines, disposées l’une au-dessus de l’autre. Arrivé au lieu choisi, le sous-marin larguait ses mines avec un système à air comprimé; du fait de l’allégement ainsi causé, il fallait rééquilibrer rapidement la pesée, de façon à ne pas faire surface en pleine zone ennemie. Le Rubis pouvait descendre jusqu’à 50 mètres et naviguer en immersion périscopique jusqu’à 15 mètres. Dans un premier temps, les six sous-marins étaient basés à Toulon, mais, en 1936, le Rubis fut envoyé à Cherbourg pour l’entraînement de son équipage au largage de mines dans les eaux profondes de l’Atlantique. A la fin de la guerre, le Rubis, acclamé pour ses excellents résultats, fut ramené à Toulon et l’équipage reçut les plus hautes décorations françaises et anglaises. Après une révision complète, il servit à l’instruction de la Marine pendant plusieurs années. En 1950, il fut transformé en base sous-marines, puis choisi pour servir de but lors d’exercices au sonar : après une longue période de précieux services rendus, échappant au triste destin d’une démolition peu glorieuse, le Rubis fut coulé le 31 janvier 1958 au large du cap Camarat, entre Cavalaire et Saint Tropez. Ainsi pouvait-on conserver le témoignage d’une page tourmentée de l’histoire mondiale. L’épave s’est révélée en outre particulièrement intéressante, au point d’attirer de très nombreux plongeurs. Elle est encore utilisée à des fins militaires par la Marine pour tester les sonars, lors d’exercices en mer.
 







Le kiosque après; ce dernier est en bon état!


 

 




 

La plongée
Le Rubis est posé bien droit, comme s’il avait été volontairement ainsi positionné, sur un fond de sable, à 40 mètres de profondeur. Toutefois, en dépit de la profondeur importante, quand l’eau est claire, on peut apercevoir la silhouette de l’épave depuis la surface. Autour du Rubis, et il en est ainsi de presque toutes les épaves de sous-marins, plane une sorte de mystère, un sentiment de crainte qui s’empare immédiatement des plongeurs. La position du Rubis accentue elle-même cette impression : le sous-marin est posé sur sa quille, comme s’il était en embuscade, prêt à fondre sur l’ennemi. On s’attend vraiment à ce que d’un moment à l’autre il lance ses moteurs électriques et s’éloigne dans le bleu. L’épave, aujourd’hui encore, est en bon état de conservation, même si de nombreuses parties de ses structures, comme le kiosque, la plate-forme du canon et les tapes des puits de mines ont été irrémédiablement abîmées par la corrosion du temps et de la mer, Les tôles du Rubis ne sont pas richement recouvertes de végétation sous-marine, au contraire du Togo, situé à peu de distance; sur les flancs se sont fixées des gorgones et des éponges, tandis que dans les tubes lance-torpilles, dans les cassures et les recoins vivent d’énormes congres, des murènes et des chapons. Plus que par les formes de vie spectaculaires qui peuplent le Rubis, les plongeurs seront fascinés par le kiosque, les puits de mines, les barres de plongée et le tranche-câble placé tout à l’avant. Si les plongeurs, captivés par la beauté de l’épave, s’attachent à une observation attentive et à une exploration détaillée de tous les points particuliers, ils réussiront, même pour un bref instant, à faire revivre le sous-marin et à le « voir » naviguer comme lors d’une de ses missions, avant qu’il ne soit conduit à son ultime « mouillage », sur le fond de la mer.

 

EPAVES MEDITERRANEE

EPAVES VAR