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Historique
Ce bateau peut être à juste titre considéré comme une épave de guerre,
bien qu'il ne s'agisse pas d'un navire de combat. C'était un simple
ferry-boat, "le postal" comme appelaient les habitants des petites îles
ces unités qui assuraient la liaison avec le contient. Ce 10 juillet 1943
le "postal" quitta Ponza à destination de la petite île de Ventotene, où
il devait embarquer d'autres passagers. Plus de cent personnes étaient
montées à bord, parmi lesquelles un couple de jeunes mariés. Le bateau
avait presque atteint Ventotene, où une centaine d'autres passagers
attendaient, lorsqu'un groupe de sept avions alliés apparut dans le ciel.
Pensant qu'il s'agissait de chasseurs, le commandant Simoene donne l'ordre
à l'équipage et aux passagers de se réfugier sous le pont, dont la surface
était déjà balayée par les premières rafales de mitrailleuses.
Malheureusement, il ne s'agissait pas de chasseurs, mais d'avions
torpilleurs et le dernier d'entre eux lança sa torpille qui frappa le
navire en plein milieu. Le Santa Lucia se cassa en deux et coula en un
instant sous les yeux horrifiés de tous ceux qui étaient sous le pont, il
n'y eut aucun survivant. Nul ne s'était rendu compte de la tentative
désespérée du commandant Simeone pour sauver son bateau en l'échouant sur
les hauts-fonds qui entourent Ventotene. "J'ai tout fait pour atteindre
les écueils" furent ses dernières paroles, alors qu'il était mourant, à
l'adresse d'un pêcheur qui tentait de le secourir. Aujourd'hui, la proue
du Santa Lucia est encore orientée vers l'île, comme Simeone l'avait
dirigée avant le naufrage. |


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La plongée
Le bateau est cassé en deux et la proue gît à l'envers, orientée vers
Ventotene. Un ensemble de tôles informes et tordues marque probablement
l'endroit frappé par la torpille et déchiré par l'explosion; un peu plus
loin, faisant presque un angle droit avec la proue, la poupe est couchée
sur le côté bâbord et encore en assez bon état. Dès les premiers moments
de la descente, on est fasciné par le spectacle des nuages de poissons qui
entourent l'épave : de très nombreuses castagnoles rouges et noires, des
bancs compacts de poissons, bleus, des groupes de dorades, de gros sars
ventrus et, parfois, des bancs de pélamides constituent les habituels
locataires du Santa Lucia. Autrefois, un mérou énorme régnait en maître
incontesté sur l'épave; mais, par la suite, plus personne ne l'a aperçu.
Comme aucune capture d'exemplaire aussi gros n'a été enregistrée, tout
laisse à penser que le poissons est mort de vieillesse. Parmi les
rencontres que l'on peut faire avec de la chance sur l'épave, la présence
d'un grand saint-pierre et de deux poissons-lunes a été très souvent
signalée au cours des étés derniers. Arrivés sur le fond, il nous faut
palmer directement vers la poupe, qui est la zone la plus profonde, à 46
mètres. Le pont arrière est encombré de cabestans et d'équipements en tout
genre. La rambarde est encore en bon état et constitue un intéressant
sujet photographique, tandis que l'hélice, encastrée entre la coque et une
petite paroi de couleur sombre, est difficilement photographiable. Ici, on
rencontre souvent un gros congre et une famille de corbs. En palmant dans
cette zone arrière, il convient de faire attention aux morceaux de filets
et aux lignes perdus par les pécheurs. Plus en avant, on arrive aux tôles
précédemment décrites. Il sera intéressant de se glisser entre le métal et
le fond, non sans précaution, d'ailleurs, car de nombreux poissons ont élu
domicile dans cet espace. On trouvera même un hublot dont le verre est
intact et encore en place et qui méritera aussi quelques éclairs de flash.
Arrivés à proximité de la partie avant, retournée avec la quille en l'air,
nous photographierons les grandes ancres encore en place dans les écubiers
et la proue entière, peut-être avec un plongeur placé à côté de
l'ensemble, afin de donner une idée des dimensions. Il faut ensuite passer
entre le sable et le flanc du bateau pour découvrir ce qui reste visible
du pont. Avec une torche et de la discrétion, il sera possible d'observer
une famille de corbs installée entre les gros cabestans et les chaînes des
ancres, aujourd'hui répandues sur le sable.
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