LE SANTA LUCIA
 




La poupe couchée sur le flanc bâbord
 

Fiche technique

Type d’épave : ferry-boat
Nationalité : italienne
Année de construction : inconnue
Date du naufrage : 10 juillet 1943
Cause du naufrage : attaque d'avions torpilleurs
Localisation : au large des écueils des Sconsiglie


Profondeur minimale : 39 m
Profondeur maximale : 46 m

 

 


Informations plongée

Difficulté de localisation : grande
Visibilité : habituellement très bonne
Courant : occasionnel
Difficulté de plongée : de moyenne à grande
Lignes ou filets : quelques-uns
Intérêt historique : modéré
Intérêt photographique : modéré
Intérêt biologique : modéré

 

Historique
Ce bateau peut être à juste titre considéré comme une épave de guerre, bien qu'il ne s'agisse pas d'un navire de combat. C'était un simple ferry-boat, "le postal" comme appelaient les habitants des petites îles ces unités qui assuraient la liaison avec le contient. Ce 10 juillet 1943 le "postal" quitta Ponza à destination de la petite île de Ventotene, où il devait embarquer d'autres passagers. Plus de cent personnes étaient montées à bord, parmi lesquelles un couple de jeunes mariés. Le bateau avait presque atteint Ventotene, où une centaine d'autres passagers attendaient, lorsqu'un groupe de sept avions alliés apparut dans le ciel. Pensant qu'il s'agissait de chasseurs, le commandant Simoene donne l'ordre à l'équipage et aux passagers de se réfugier sous le pont, dont la surface était déjà balayée par les premières rafales de mitrailleuses. Malheureusement, il ne s'agissait pas de chasseurs, mais d'avions torpilleurs et le dernier d'entre eux lança sa torpille qui frappa le navire en plein milieu. Le Santa Lucia se cassa en deux et coula en un instant sous les yeux horrifiés de tous ceux qui étaient sous le pont, il n'y eut aucun survivant. Nul ne s'était rendu compte de la tentative désespérée du commandant Simeone pour sauver son bateau en l'échouant sur les hauts-fonds qui entourent Ventotene. "J'ai tout fait pour atteindre les écueils" furent ses dernières paroles, alors qu'il était mourant, à l'adresse d'un pêcheur qui tentait de le secourir. Aujourd'hui, la proue du Santa Lucia est encore orientée vers l'île, comme Simeone l'avait dirigée avant le naufrage.


Une bitte d'amarrage recouverte de concrétions





 



La proue est complètement à l'envers, détachée du milieu et de l'arrière de l'épave










 

Un hublot dont le verre est resté intact


Sur la proue on remarque encore la grande chaîne de l'ancre qui pend de l'écubier de bâbord



 

 

 

 

 


A l'avant, les deux ancres sont toujours en place
 


La plongée

Le bateau est cassé en deux et la proue gît à l'envers, orientée vers Ventotene. Un ensemble de tôles informes et tordues marque probablement l'endroit frappé par la torpille et déchiré par l'explosion; un peu plus loin, faisant presque un angle droit avec la proue, la poupe est couchée sur le côté bâbord et encore en assez bon état. Dès les premiers moments de la descente, on est fasciné par le spectacle des nuages de poissons qui entourent l'épave : de très nombreuses castagnoles rouges et noires, des bancs compacts de poissons, bleus, des groupes de dorades, de gros sars ventrus et, parfois, des bancs de pélamides constituent les habituels locataires du Santa Lucia. Autrefois, un mérou énorme régnait en maître incontesté sur l'épave; mais, par la suite, plus personne ne l'a aperçu. Comme aucune capture d'exemplaire aussi gros n'a été enregistrée, tout laisse à penser que le poissons est mort de vieillesse. Parmi les rencontres que l'on peut faire avec de la chance sur l'épave, la présence d'un grand saint-pierre et de deux poissons-lunes a été très souvent signalée au cours des étés derniers. Arrivés sur le fond, il nous faut palmer directement vers la poupe, qui est la zone la plus profonde, à 46 mètres. Le pont arrière est encombré de cabestans et d'équipements en tout genre. La rambarde est encore en bon état et constitue un intéressant sujet photographique, tandis que l'hélice, encastrée entre la coque et une petite paroi de couleur sombre, est difficilement photographiable. Ici, on rencontre souvent un gros congre et une famille de corbs. En palmant dans cette zone arrière, il convient de faire attention aux morceaux de filets et aux lignes perdus par les pécheurs. Plus en avant, on arrive aux tôles précédemment décrites. Il sera intéressant de se glisser entre le métal et le fond, non sans précaution, d'ailleurs, car de nombreux poissons ont élu domicile dans cet espace. On trouvera même un hublot dont le verre est intact et encore en place et qui méritera aussi quelques éclairs de flash. Arrivés à proximité de la partie avant, retournée avec la quille en l'air, nous photographierons les grandes ancres encore en place dans les écubiers et la proue entière, peut-être avec un plongeur placé à côté de l'ensemble, afin de donner une idée des dimensions. Il faut ensuite passer entre le sable et le flanc du bateau pour découvrir ce qui reste visible du pont. Avec une torche et de la discrétion, il sera possible d'observer une famille de corbs installée entre les gros cabestans et les chaînes des ancres, aujourd'hui répandues sur le sable.

 

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