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Historique
Lancé le 11 mars 1879 aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à la
Seyne, le Tell fut utilisé par la Compagnie de Navigation Mixte sur ses
lignes Algérie-Golfe du Lion-Provence. En trente-quatre ans de service, il
eut pas mal d'avatars qu'il serait trop long de narrer ici. En résumant,
il échoua à Djidjelli à l'âge de dix ans, s'échoua à l'embouchure du Rhône à
l'âge de quatorze ans, aborda un navire espagnol, le Cabos Penas, à l'âge
de vingt ans, s'échoua à Marseille à l'âge de vingt et un ans, puis se fit
oublier jusqu'en 1913. Le 25 octobre 1913, par fort vent d'est, alors
qu'il va de Nice à Marseille avec des fûts vides et des sacs de ciment, il
s'échoue au cap Camarat. Les trente-huit hommes d'équipage sont sauvés
grâce aux embarcations du bord. Malgré l'intervention du Marseillais 28,
du Mustapha, du Walkyrien, son renflouement s'avère impossible, et il est
abandonné. Bientôt seul, un mât sort encore de l'eau.
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La plongée
La première fois, on a du mal à se retrouver dans ces grands panneaux de
ferrailles écrasés par la mer, Par la suite, la configuration du site
apparaît : un grand rocher allongé au milieu et le navire cassé en deux
sur ce rocher. Sa partie avant, la moins importante, vers la roche Fouras,
présente des flancs de navire en grandes surfaces préservées mais aplaties
sur le sol et, bien reconnaissable, l'étrave sous forme de moignon relevé.
Sa partie arrière et centrale, vers Camarat, présente une chaudière très
bien conservée, un fragment de machine et une vraie coque encore en forme
vers la poupe avec barrots de pont, bastingages, reste de barre à roue,
arbre d'hélice et même une hélice, invraisemblablement coincé sous le
pont, après avoir traversé la coque. Partout, des sacs de ciment, certains
ouverts, d'autres encore entiers, recouvrant parfois les ferrailles. |