LE TROMBLON
 


Le flanc bâbord de la coque
 

Fiche technique

Type d’épave : chaloupe canonnière
Nationalité : française
Année de construction : 1875

Longueur : 24 mètres

Jauge : 200 tonneaux
Date du naufrage : en 1898
Cause du naufrage : sabordage
Localisation : au large de St-Mandrier, à 1 km au sud de la pointe de St-Elme

Profondeur : 26 m
 

 

Historique
Au début de la 3ème république, une série de chaloupes canonnières est mise en chantier, dont le Tromblon, qui prend gaillardement la mer en 1875, à partir de Toulon. C’est un petit bâtiment ventripotent de 24 mètres de long jaugeant 200 tonneaux, équipé d’une machine à vapeur de 450 CV, d’une mâture et de voiles, avec 25 hommes à son bord. Ses deux belles hélices de bronze consomment goulûment 5250 kg de charbon et 150 litres d’huile par jour. Il est armé sur l’avant d’un canon démesuré qui, en raison de son poids et de son encombrement, est positionné dans l’axe du navire. Roulant et tanguant généreusement, incapable de pointer, le Tromblon doit se mettre dans l’axe de la cible pour tirer « au vol ». En 1881, une occasion est enfin offerte au navire de prouver sa valeur militaire : il fait partie d’une importante escadre qui appareille de Toulon pour la campagne de Tunisie, secouée par une insurrection dans la région de Sfax. Il assure – laborieusement – le débarquement et la protection des troupes françaises basées en Afrique du Nord. Rapatrié vers Toulon et mis en cale, il est proposé à la vente…sans succès ! Sa mise à mort est alors décidée en 1898; désarmé, il va servir de cible aux batteries côtières de St-Elme dont le ministre de la Marine veut éprouver l’efficacité. Notre Tromblon ne fera pas le poids contre les obus de 240 mm…La proue éclate à la huitième salve, et l’infortunée canonnière sombre instantanément.


La poupe vue de bâbord

Les traverses
 


La chaudière


Les épontilles : colonnes verticales en fer qui soutiennent le pont
 

La plongée
L’épave de la chaloupe canonnière « le Tromblon » gît non loin de l’anse des Sablettes, à 1 km au Sud de la pointe de St-Elme. Très accessible, bien conservée et peu profonde, elle peut être visitée en toute sérénité. Une plongée sympa et confortable sur les vestiges d’un vétéran des guerres coloniales de Napoléon III, un rien ubuesque, que la lourdeur et l’inefficacité d’un canon disproportionné ont condamné à un sabordage par nos propres batteries côtières. L’épave repose sur un fond sableux, entrecoupé de barres rocheuses et de mattes de posidonies qui, curieusement, ont épargné les vestiges du bâtiment. Posé sur sa quille, il est incliné sur tribord. Descendre vers la proue, éclatée par un obus. A cet endroit, les gueuses de lest en fonte qui ont remplacé le canon sont éparpillées autour de l’étrave effilée pointant vers la surface. Les parois de la carène, affaissées, s’étalent de part et d’autre sur le sable. Apparaissent ensuite les deux impressionnantes chaudières, intactes mais débarrassées de toute la tringlerie habituelle, de même que les hélices et leurs arbres. Plus loin vers l’arrière, on découvre la cheminée, allongée sur tribord dans la vase, contre la coque. La poupe reste la partie la mieux conservée et la plus intéressante. Elle présente encore son profil caractéristique exagérément enflé vers les œuvres vives, typique des bateaux de l’époque. Les superstructures du pont arrière apparaissent encore. La visite se termine par l’observation des hélices de bronze : deux pales sont visibles à bâbord, une moitié de pale à tribord. Attention aux filets maillants calés à proximité. Les épontilles (colonne verticale en fer qui soutient le pont) servent de repère à quelques congres et murènes et des bancs de sars s'y protègent parfois. Quelques rougets se baladent sur le sable environnant. Peu de gorgones et d'algues.

 

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