LE VICKERS VIKING
L'AVION D'HOLIDAY ON ICE
 


 



Fiche technique

Type d’épave : avion de transport commercial
Nationalité : britannique
Année de construction : inconnue
Envergure : 27,20 m
Longueur totale : 19,86 m
Date du naufrage : inconnue
Cause du naufrage : panne de moteurs
Localisation : dans le 256 de l'îlot de Latoniccia et dans le 149 de la pointe Mortoli

Profondeur minimale : 11 m
Profondeur maximale : 13 m


Informations plongée

Difficulté de localisation : moyenne
Visibilité : excellente
Courant : rare
Difficulté de plongée : faible
Lignes ou filets : néant
Intérêt historique : faible
Intérêt photographique : grand
Intérêt biologique : faible
 

Historique
Années cinquante : un Vickers Viking survole la Corse du Sud avec des passagers d'exception : la fameuse troupe de patineurs de Holiday on Ice. L'avion est un bimoteur construit dès 1946 par la firme britannique Vickers Armstrong Ltd. Un appareil dérivé du célèbre bombardier Wellington, qui se couvrit de gloire pendant la Seconde guerre mondiale. Dans la cabine, on entendait distinctement le bourdonnement typique des moteurs, une véritable musique pour les passionnés, produite par deux Bristol Hercules 634 en étoile, capables de développer 1'690 CV chacun. Pourtant, depuis un moment, ces puissants moteurs commencent à poser quelque problème. L'avion perd de l'altitude et le pilote doit à tout prix trouver un endroit approprié pour un atterrissage de fortune. La longue plage de sable de Mortoli semble offrir un terrain convenable, aussi le pilote descend-il jusqu'à en effleurer le sable, mais il s'aperçoit avec épouvante que vers le milieu affleurent quelques roches et que la partie de sable restante est trop courte. En outre, la plage se termine par une série de rochers contre lesquels l'avion va inévitablement s'écraser. Reprendre de l'altitude dans l'état où sont ses moteurs est hors de question. Aussi le commandant se dirige-t-il vers la mer, décidé à amerrir. Il fait rapidement rentrer le train d'atterrissage et, au moment où le fuselage touche les vagues, il cabre légèrement son appareil pour en freiner la course avec la queue. L'opération réussit parfaitement, bien que la partie arrière de l'avion soit mise en pièces. Le fuselage reste en surface assez longtemps pour permettre aux artistes et à l'équipage de se jeter à l'eau et de rejoindre à la nage la côte toute proche. L'avion coule alors, mais sans aller bien loin, car le fond est seulement à 13 mètres sous la surface. Là, le Vickers se pose doucement sur le sable, au milieu des posidonies. L'accident n'ayant pas fait de victimes, l'information fait peu de bruit : quelques lignes dans les quotidiens, provoquées par la réputation de la troupe des patineurs, puis c'est l'oubli. L'épave, quant à elle commence à se couvrir de concrétions et à être occupée par la faune traditionnelle, trop heureuse de trouver un nouvel habitat au milieu du sable. Au cours de la décennie suivante, les plongeurs visitent l'épave, malheureusement en coupant et en enlevant les pales d'hélices. Mis à part cela, l'avion est resté plutôt entier et constitua le décor principal d'un court métrage intitulé "Mare Nostrum" et présenté au Festival mondial de l'image sous-marine d'Antibes - Juan-les-Pins.
 


Le Vickers Viking pouvait transporter de 24 à 36 passagers
 

 

L'accès au poste de pilotage se fait sans encombres depuis les cabines, dépouillées de leurs sièges
 

 

Un gros pneu du train d'atterrissage
 





Un des deux moteurs
 

La plongée
La limpidité de l'eau est ici incroyable et, certains jours, on peut voir l'épave en se tenant debout sur le bateau, sans même mettre la tête dans l'eau. La vision la plus belle est une fois de plus, lorsqu'on est à mi-profondeur, un peu en avant du nez de l'appareil, avec la sensation que celui-ci vole à votre rencontre. L'envergure est importante, exactement 27,20 mètres et, sous un certain angle, qui masque la partie arrière, l'avion semble vraiment entier. Son exploration sera lente et minutieuse, compte tenu de la profondeur générale du site. Le nez est légèrement abîmé sur le côté droit, sans doute à cause de l'impact sur le fond. Les ailes sont intactes, avec les deux moteurs en étoile à leur place, particulièrement intéressant à observer même s'ils n'ont plus leurs pales d'hélice. Le capotage aérodynamique des moteurs se prolonge sur l'arrière et en dessous avec le logement du train d'atterrissage : sous chaque aile on voit très bien le gros pneumatique en position remontée. Par une longue rangée de hublots, on peut regarder à l'intérieur du fuselage, bien que cela soit plus facile directement depuis l'endroit où il est cassé nettement, dans sa partie arrière. De là, l'accès est sans problème, car les sièges qui encombraient le passage ont disparu. La carlingue n'est autre qu'un long tunnel vide, embelli par les concrétions d'éponges, d'ascidies qui, avec les nombreux poissons installés ici, rehaussent la monochromie de l'aluminium. En palmant sans troubler l'eau, on arrive au poste de pilotage, bien éclairé par plusieurs hublots. Le nombre des fils électriques qui pendent un peu partout est impressionnant. Les instruments ont, malheureusement, disparu, comme les sièges, mais l'ensemble est également très beau. Les passionnés d'avions pourront ensuite découvrir pour eux-mêmes mille autres petits détails que seul un oeil connaisseur est en mesure de déceler, même si les concrétions ont désormais effacé les traces qui auraient permis d'identifier l'avion avec certitude.

 

EPAVES MEDITERRANEE

EPAVES CORSE